Au pays des Mano, Chao et Solo nous avaient appris à nous méfier de ce prénom. Puis vint le Tough, que l'on pourra prononcer "le teuf" à la française dès lundi, date de la release et jour de fête. On va le répeter histoire que ça rentre bien : Mano est (en quelque sorte) le nouveau John Talabot, c'est de la house pour soirée au coin du feu.
Avec sa bouille suintant la bonhommie et son accent Irlandais à décoller le papier peint, on n'avait pas vu tellement autre chose chez Mano qu'un rookie où l'élégance rivalise avec l'audace (putain le Mountains EP). Et puis le type décide de sortir un LP sans tomber dans le cliché du "producteur de techno qui passe à l'ambient". Ça rassure. Et puis on réécoute. Chez Mano, il y a son Irlande natale, ses grands espaces, sa solitude, son ivresse. Et puis il y a l'Allemagne entre la deep house Hambourgeoise et la minimale de sa ville d'adoption.
Non pas que Mano partage cette idée de l'homme avalé par la forêt avec Talabot (et Herzog) mais les deux hommes ont quelques point communs. Déjà, sur maxi les deux'bang" sans peur du lendemain mais en laissant apercevoir des coeurs tendres et sensibles aux mélodies sophistiquées. Ensuite, ils sont tous les deux logés chez Permanent Vacations qui depuis quelques temps essaie de tenir une ligne artistique cohérente. Pour finir, lorsqu'ils aiment la deep house sur maxi, ils en font des chansons, des vraies, des grandes sur album. Ils ont tout compris et ils sont magnifiques. "Please" : un nouvel extrait du premier album de Mano.