Le mec avec qui vous avez pris l’ascenseur et qui s’est senti obligé de meubler le silence jusqu’au cinquième étage vous l’avait bien dit “le printemps est en avance cet année”. Repoussant continuellement les limites de sa propre folie, le What The Funk Crew vous apporte directement l’été ! De l’Afrique, de la Jamaïque, du Brésil, et d’autres trucs trop bien…

IBIBIO SOUND MACHINE ou l’Afrique en version électronique. Ou plutôt confrontéé aux musiques élaborées sur machines. Electro, dub, 80’s, la Machine A Sons, fait se clasher des guitares highlife et des cuivres qui ne se taperaient pas la honte dans une bande originale, aux racks d’effets, aux boites à rythmes et aux programmations. Trop de synthétique dans la composition aurait pu donner un résultat aussi irritant qu’un froc en nylon qui gratte à l’entrecuisse sauf que, profondeur d’implantation des racine Nigérianes oblige, à la fin, c’est l’Afrique qui gagne.

2014 c’est l’année de la Coupe du Monde au Brésil ou bien ?! Alors c’est le moment de se mettre dans l’ambiance avec ORQUESTRA IMPERIAL. Le nom peut bien sonner comme celui d’un resto Chinois, c’est bien de bossa, de samba, de Rio des 60’s et de rythmes nonchalants dont on parle. Configuration big band, chanteurs et chanteuses, c’est la musique Brésilienne au sens large qui est célébrée. Celle qui répand sa chaleur sur chaque titre, suscitant des envie d’ondulation, appelant immanquablement aux rapprochements corporels. Il fait chaud mes chéris, mettons nous à l’aise en écoutant FAZENDO AS PAZES COMO SWING.

 

 

STUDIO ONE. Deux mots qui sont à eux seuls un gage de (très) haute qualité dès lors qu’on parle de musique Jamaïcaine. La période qui nous intéresse ici est la charnière située entre ska et reggae. Quand le jazz cuivré s’effaçait un peu pour laisser entrer un peu de claviers et surtout des voix. Celles de chanteurs aux organes souvent divins, influencés par la soul qui ravageait tout chez le voisin Américain. Cette période qui a vu éclore les Ken Boothe, John Holt, Alton Ellis et connue sous le nom de Rocksteady, c’est Souljazz Records qui nous la raconte sur STUDIO ONE ROCKSTEADY.

A se procurer sur : http://www.souljazzrecords.co.uk/releases/?id=35191

 

Si vous croisez dans la rue LACK OF AFRO, vous pourriez le confondre avec n’importe quel chanteur de groupe pop rock anglais. Mais ne vous y trompez pas, derrière cette tignasse blonde se cache un producteur funk, hip hop et rare groove des plus redoutable. Un multi-instrumentaliste surdoué et prolifique qui fait le bonheur du label Freestyle Records depuis près de 8 ans. Son 4ème album MUSIC FOR ADVERTS ne déroge pas à la règle avec une musique toujours tournée vers l’avant avec tout ce qu’il faut de superpositions de choeurs, d’accords mélodiques et de breaks de batterie qui cognent.

 

Ce scélérat de Djordjevic a signé à la Lazio de Rome. Heureusement il reste une scène musicale indé de qualité pour occuper les soirées à Nantes. Parmi le vivier d’artistes qui pullulent dans cette ancienne capitale de traite négrière, se trouve les beatmakers de SOUL SQUARE qui avec leur nouvel EP MILLESIME II confirment leur addiction à l’alcool fort et aux productions hip hop des golden years. Et c’est l’un d’entre eux, ARSHITECT, qui nous en parle, s’assurant d’être publié dans cette tribune avec des remerciements façon premier de la classe en fin de review.

 

Le prochain arrêt nous emmène à Besançon ou « Besangeles » comme ils disent là bas, pour retrouver un collectif de beatmakers dont les blazes font penser à une écurie Marvel. Lilea Narrative, Zerolex, Zo aka La Chauve Souris et YoggyOne forment COTTON CLAW, projet qui concoit sa musique house comme un live sans séquancage sur 64 pads au service du dancefloor. Leur premier album DUSTED est sorti chez Cascade Records. PS : fuck les Avengers !

 

Vous avez eu votre période b-boy gay en cycliste blanc avec « Buffalo Stance » ou vous avez serré sur « Seven Seconds » dans un mariage ? Oubliez tout ça, c’est de l’histoire ancienne. Tellement ancienne que cela faisait 16 ans que NENEH CHERRY n’avait pas sorti d’album solo. Préjudice réparé puisque BLANK PROJECT est là. Mais l’icone des 90s n’est pas revenue seule en se rachetant une virginité artistique grâce à Four Tet, un des producteurs electro bankable du moment. Et c’est la rencontre des deux qui est à retenir ici. NB : un paquet de coton tiges est livré pour l’achat du disque pour vous aider à vous affranchir de tout ce que vous savez de Neneh Cherry…

 

Avec le deuxième volume des compilations LOOKING FOR THE PERFECT BEAT, le label français STILLMUZIK continue de faire son marché parmi les meilleurs beatmakers de la toile, qu’ils soient confirmés ou méconnus. L’odyssée initiée il y a 20 ans pas Afrika Bambaataa visant à chercher le beat parfait, trouve aujourd’hui un echo avec les 17 tracks du disque, sans prétention, juste avec passion, curiosité et envie d’en faire profiter le plus grand nombre. Merci les frères Pastor !

Un peu de lecture pour finir avec l’intarissable puits à conneries nommé SEAR. Old-timer incontournable, fondateur du mytico-légendaire fanzine puis magazine Hip Hop Get Busy, le grand chauve avec des chaussures Fila, entre deux promesses de ressortie de son phénix, passe l’essentiel de son temps à distiller des pensées fielleuses, à boxer des punchlines et à répandre des seaux de vannes en tout genres sur les réseaux sociaux. Un compilé de son oeuvre comico-tragico-acide est désormais disponible en format 300 pages sous le poétique titre INTERDIT AUX BATARDS.  Qui aime bien châtie bien, mais qui n’aime pas châtie encore mieux… Uniquement disponible en ligne.

A se procurer sur : http://www.getbusy.bigcartel.com/

 

Deux tribunes de suite sans accrocs… Muzul, Freeworker, Soulist et Boris Tingry auraient-ils changé en bien ? Vous le saurez le mois prochain, s’ils veulent bien de vous.

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