Ce mois-ci : Kingston sur Seine, des trésors retrouvés, une visite guidée de New York et des anglais à Milan …

Pour aller de Lyon à Kingston, c’est bourré de changements et de correspondances. Autant s’écouter 180.000 Miles & Counting (Big Single) le dernier The Dynamics. Pour leur 2ème album, les Gones s’adonnent joyeusement à un cocktail de musiques Jamaïcaines – Rocksteady, Ska, Reggae, Dub –qu’ils servent assorti d’une tranche de soul et d’une larme d’afrobeat. Pas de recherche du goût vintage à tout prix mais une alternance de couches de compos et de reprises (Lou Reed ok, mais pourquoi Polnareff ?) qu’on sirote à la paille. A boire jusqu’au bout pour tomber dans le fond du verre sur un sirop aux claviers enfantins et terminer sur un punk-ska british rageur, comme une petite levure de bière pleine d’amertume. Les amateurs de houblon comprendront.

 

The Dynamics – Site

 

Pour retourner dans les 70’s et découvrir des trésors perdus, faire confiance à Numero Group. Les yeux fermés. Après avoir ramené à la vie les bandes laissées pour mortes du 2ème album de 24 Carat Black jamais publié, le label de Chicago à cette fois mis la main sur le 1er jamais publié non plus de Father’s Children. On peut se poser la question de savoir si ces bandes étaient destinées à être sorties en l’état vu les virages à 90° effectués sur tout le tracklisting. Une ballade un peu poisseuse se glisse entre deux morceaux de vraie pure Soul aux accents de chronique sociale puis on saute à un funk démoniaque juste avant de se faire happer par huit minutes purement instrumentales pleines de basse, de percussions et de Fender Rhodes. Sans avoir oublié de se faire un crochet sur une illumination vocale barrée dans les volutes divines Pas de réelle cohérence, des formats qui ne répondent à aucune norme et un album pourtant captivant. Avec dedans du Earth Wind & Fire, du War, des harmonies vocales, des cordes, des guitares électriques, etc, etc…

 

Numero Group – Site

 

Electric Cowbell Records, c’est un label de Brooklyn fait par des copains pour sortir leur musique et celles de leurs copains. Certains copains font de l’Ethio, d’autres copains font de l’afro, d’autres encore font du funk. Les copains les plus bizarres font un disco-électro-80. 101 Things To Do In Bongolia (Electric Cowbell Records) est la compile qui réunit les 45trs gravés par et pour les copains avec dedans des titres qui enflamment autant que d’autres laissent de glace. Une chose est sure, on ne retrouve pas deux fois le même titre. Certains copains sont membres d’Antibalas, de The Sway Machinery ou de Truth & Soul Records, sauras-tu les retrouver ?

 

Electric Cowbell Records – Site

 

Restons à Brooklyn, block qui a vu naître un personnage haut en couleur qui fût sans nul doute une des inspirations du personnage de The Mask par Jim Carey. August Darnell aka Kid Creole fût une icône de la musique dans les années 80, militant pour le melting pot musical, mélangeant tour à tour funk et caraïbes, disco et carnaval ou encore jazz et rock. Les moins de 30 ans ne se souviendront certainement pas de son premier projet Dr. Buzzard’s Original Savannah Band, mais ont désormais l’occasion de le découvrir (et pour les plus vieux de le retrouver) grâce à cet album I Wake Up Screaming que le prestigieux label Strut à initié suite à une première compilation de titres plus obscures de l’artiste, intitulée Going Places : the August Darnell years 1974-83, sortie en 2008 à l’initiative du dj parisien Guido. Alors délectons nous tous du retour du « Tropical Gangster » à travers 14 titres, produit notamment par Andy Butler, leader de Hercules And Love Affair.

 

Kid Creole & The Coconuts – Site

 

Encore du melting-pot et encore à New York mais on change de quartier pour se rendre dans le spanish Harlem avec le mythique label latin Fania. Figurez-vous qu’il y a 40 ans sortait le documentaire Our Latin Thing, Nueva Cosa réalisé par Leon Gast, qui était déjà à l’origine des The Grateful Dead Movie, Soul Power et When We Were Kings. Ce qui devait être un coup de pub monté par Jerry Masucci, l’autre fondateur avec Johnny Pacheco, et avocat de son état, se transforma en manifeste musical de la communauté latine, éclaboussant au grand jour sa riche culture à la barbe de l’Amérique blanche. Mais avant cela, Fania avait sorti l’artillerie lourde et avait choisi comme champ de tir le Cheetha, club mythique de l’époque, pour faire officier l’armada du label : Ray Barreto, Willie Colon, Hector Lavoe ou Ismael Miranda en tête de liste. A partir de là, l’histoire fera son œuvre … Le « Fania Begins » en CD et DVD (série limité) sort le 3 novembre !

 

Fania Records – Site

 

The Baker Brothers … un nom qui nous évoque un de ces groupes noir-américains des années 60 à 70, tout droit venus de Memphis, de la Nouvelle-Orléans, de Détroit ou encore de NYC. Pourtant, il n’en est rien puisque le band nous vient du sud de l’Angleterre et n’est composé d’aucun musicien à la peau d’ébène. Et alors ? Les anglais nous ont toujours régalé de formations ultra-funky et The Baker Brothers ne dérogeront pas à la règle ! Loin d’être pourtant des novices, ils semblent même qu’ils aient voulu rattraper le temps en sortant pas moins de 7 albums en 10 ans. Time To Testify étant le dernier en date, sorti par le label Milanais Recordkicks. La recette reste la même tout au long des 16 titres de l’opus : la dominante bass – batterie – guitare explosive façon Meters (qui s’enrichit néanmoins de chant et de cuivres de ci – de là). Energie qui n’avait pas échappé au duo de diggers Kon & Amir qui avaient playlisté le titre Once I Had A friend dans une de leurs compilations Off Tracks chez BBE. La caution d’un disque réussi !

 

The Baker Brothers – Site

 
 
 
SEPTEMBRE 2011
 

Bruno « Patchworks » Hovart se serait-il mis en tête d’infiltrer le business façon RZA en multipliant les projets ? C’est à se demander. Son solo Mr President à peine déposé dans les linéaires qu’il est déjà de retour, dans l’ombre musicale d’Hawa cette fois. Ici, c’est de Soul dont il est question. Au sens large même. Multipliant les allers-retours entre Motown 60’s et sophistication contemporaine, Hawa miaule de sa voix féline sur une partition musicale des plus variées exécutée en solitaire par l’homme-orchestre Hovart. Les titres avec plus de profondeur vocale restent évidemment les meilleurs morceaux de cette Little Green Box (Favorite Recordings) qui contient aussi quelques sucreries plus légères qu’on grignote sans aucune honte !

 

Non, il ne s’agit pas d’un vieux disque de chant soviétique à la gloire de ses cosmonautes. Ariya Astrobeat Arkestra est un groupe d’afrobeat qui vient… de Leeds. Premier point de chute d’Eric The King outre-Manche, et ouais. Les puristes sortiront peut-être les sabres en entendant cette version Anglaise de l’afrobeat qui en plus d’évoluer dans une ambiance sonore très jazz-funk, s’autorise des embardées limites electro et des crochets spacio-trippants. Cuivres ultra-polis et arrangements léchés, pas la peine de chercher la sueur qui gicle dans le mix, elle est de suite essuyée par une serviette-éponge ! Il n’empêche que cette version made in Britain du son de Lagos, avec ses bonnes compos et sa diversité d’ambiances (allez donc vous faire une virée casquée dans Re-education Mis-education) reste une bonne option pour les fans d’afrobeat qui veulent une approche différente de la version plus « classique ».

 

Restons encore un peu dans les ambiances africaines, Addis-Abeba cette fois et l’éthio-jazz évidemment. Debo Band viennent du Massachusetts, rien à voir là encore. Sauf que si en fait. Car comme l’afrobeat, l’éthio-jazz est une fondation qui absorbe les musiques qui l’approchent d’un peu trop près et qui s’enrichit des apports propres à chacun des groupes qui décident de lui rendre hommage. Debo Band ont décidé de larder le leur avec du violon, d’y souder de gros brass band Néo-Orléanais ou de le survolter de rythmes ska et de guitares rock. L’apéro live des 4 titres surchauffés de Flamingho est le meilleur ambassadeur d’un album qui ne devrait d’ailleurs plus trop tarder.

 

Bon et puisqu’on est dans l’Afrique on y reste après tout ! C’est sûr que le Nigérian est connu pour la sévérité et l’intransigeance de son groove. Brut et viscéral. Le Nigérian a accroché à son tableau de chasse des pièces de funk aussi grosses que les têtes de rhinocéros et d’éléphant que l’européen est venu braconner sur son continent. Mais il a aussi donné dans le plus pailleté, dans le disco pour dire vrai. Du disco hyper travaillé avec une haute d’arrangements et de brillance bien loin de ce qu’on connait sous cette appellation. Plus proche de Chic que des Village People pour faire court. Brand New Wayo (Comb & Razor Sound, un excellent teaser à voir juste là a collecté deux vinyles bien gras de ces titres qui provoquaient des auto combustions dans les clubs des villes Nigérianes. Ici le message est simple et direct : dansons et suons dans nos slips ! Au cas où ça ne marcherait pas, revoir les réglages de votre matos hi-fi car une chose est sure : ça ne vient pas du disque.

 

Favorite Recordings – Site

Ariya Afrobeat – Myspace 

Debo Band – Site

 
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