Avant d’entrer dans le vif du sujet, relisons ensemble les textos reçus de la part des mes acolytes-alcooliques pour cette nouvelle année :

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EDITO MARS

Avant d’entrer dans le vif du sujet, relisons ensemble les textos reçus de la part des mes acolytes-alcooliques pour cette nouvelle année :

– « Muzul, puisse cette année 2011 t’apporter tout ce que tu désires. De la joie de la réussite pour toi, les tiens, les gens qui habitent sur ton palier, ceux qui habitent dans la même ville que toi, et aussi les gens que tu seras amené à connaître dans cette vie ou dans une autre. Faut que tu saches que moi je n’ai rien contre toi mais c’est les autres qui m’obligent. Sinon ils me tapent et me traitent »  – Boris (j’abrège parce que l’original était fait de 47 textos tous plus carpettes les uns que les autres)

– « Muzul, ouais super 11 !!! année ouais gros !! Souleance !!! Rekick !! je suis indigné quelque part j’ai envie de dire » – Soulist

« Muzul, espèce de sale @ #& ?? de [|¨£µµ !! calme toi un peu !!! tu vas nous faire avoir des problèmes !! Bonne année au fait. » – Freeworker

Toujours aussi consternant ces trois-là. Allez, let’s go …


CHRONIQUES

WHAT THE FUNK INVASION #3

Speedometer – Hadley Murrel – Valerio Big Band – Rachid Santaki

Backing band de luxe pour Sir Joe Quaterman, mais aussi pour Lee Fields ou Sharon Jones quand ceux-ci viennent en Angleterre, Speedometer est ce genre de groupe qui pratique un funk martial sans fioritures, arrangements abrasifs, tout à l’organique, pas de superflu. De gros breaks de batterie, des basses groovy, des cuivres mastocs et surtout du groove, du groove, et encore du groove. Très inspiré par les Meters de la Nouvelle Orleans, Speedo donne dans l’épuré loin de toute sophistication et surtout construit ses albums en alternant morceaux purement instrus et invitations de chanteuses Soul. Ce qui a pour avantage de casser un peu l’impression de bloc que peuvent donner les albums de deep funk. Toujours très dansant, jamais poisseux.

De moins en moins facile à trouver, les deux volumes de leur premier album This Is… Speedometer Vol. 1 & 2 (Freestyle), ressortent aujourd’hui en un seul un même disque. Faut dire qu’à l’époque de leur signature, le groupe avait tellement de titres en banque qu’il a fallu les sortir en 2 fois. A l’époque c’était du funk fait main, produit à la maison par Leigh Gracie, le leader guitariste. Depuis, les choses ont changées en termes de renommée et de succès, mais la ligne de conduite est restée la même : du funk. The Shakedown (Freestyle) a beau reluquer du côté d’ambiances un peu plus latines, les cuivres ensoleillés et les percussions dragués à l’arrière du mix, ça reste toujours du putain de bon gros funk.

En parlant de funk, le label Grounded Music est allé fouiller dans les cartons de Hadley Murrell et il s’avère que ça valait coup. Auteur, compositeur, producteur, patron de label, dj, Murrel a été le Berry Gordy de l’Arizona qui produisait des galettes râpeuses de funk aux accents rock n’ roll, de Soul, de pop façon Motown, et même des titres non sans rappeler Curtis Mayfield et ses Impressions. Spoken words avant l’heure sur Cecil, The Unwanted French Fry, terrible instru faite dans le garage avec Monkey See, l’éclectisme est de rigueur et The Soul Side Of The Street Vol. 1 (Grounded Music) le restitue-on ne peut mieux en 15 titres. Tout y est très brut et donc à déconseiller en cas d’allergie aux batteries qui crachouillent et aux cuivres qui accrochent. Dans ce cas, préférer l’écoute d’une de ces daubes compressées comme la FM en passe des kilomètres chaque par jour. Et l’on restera entre gens bien à se déguster une bonne compile. Entre amateurs.

Avec son Big Band, Valerio fait du Reggae, tourne inlassablement dans les festivals et a déjà presque écoulé le stock du premier pressage de son album Au grand Complet. Au micro de son Big Band à l’orientation Reggae roots, aux riddims pesants et surtout (!), aux généreuses portions de cuivres, Valerio est un chanteur dont la voix ferait des malheurs dans la chanson française qu’on dit réaliste. Sur scène, avec sa casquette de gavroche enfoncée sur le crâne, on dirait Brian Johnson d’ACDC mais, là encore, pas de hurlements suraigus mais des textes drôles, désabusés et parfois inquiétants (mais toujours dans la bonne humeur). Sans gimmick couillon capable de rester dans le crâne de celui qui se fout du reggae comme du dernier Black Eyed Peas (NDLR : Au sein même de notre crew What The Funk, il existe des fans du chinois des B.E.P., un article y sera bientôt consacré), le Big Band mise plutôt sur la qualité, et les 3 titres instrus en bonus montrent à quel point il maîtrise sa partition reggae-ska. Le volume 2 des aventures du Big Band est prévu pour cet été, saison en principe propice à ce genre de musiques.

On va terminer ce mois-ci avec un peu de lecture. Parce que si vous êtes arrivés jusque-là dans l’article, c’est que vous savez lire. Le roman noir c’est souvent les States, les noms américains, les mafieux Ritals qui se font entuber par des Colombiens eux-mêmes en biz avec des Irlandais. Avec Les Anges S’habillent En Caillera de Rachid Santaki (éditions Moisson Rouge), on reste en France. Banlieue Parisienne. 93. Seine Saint Denis Style. Port des récidivistes, mère patrie du vice. L’itinéraire en flashback d’un branleur de cité comme il y en a tant. Un petit reubeu qui veut faire du cash. Il aurait pu avoir un don pour le sport ou les arts, il a eu celui du vol et de la ruse. Et il va s’en servir. Et au bout du compte arrivent les jalousies, les trahisons, et les règlements de comptes orchestrés par des Marocains sans pitié et des Serbes terrifiants. Rien de comparable avec le grand roman noir mais le style cinématographique des plus percutants et surtout les lieux de l’action tout facilement identifiables par le commun des banlieusards Parisiens font qu’on ne décroche pas de la première à la dernière ligne. Réservé aux Parigots diront les mesquins ? Combien de gens ont lu Ellroy sans jamais avoir foutu les pieds à Los Angeles ?

Speedometer
Hadley Murrell
Valerio Big Band


REVIEWS

WHAT THE FUNK INVASION #3

Download : http://www.mixcloud.com/WhatTheFunkParis/90bpm-raashan-ahmad-for-what-youve-love-new-album-review-2011/

WHAT THE FUNK INVASION #3

Download : http://www.mixcloud.com/WhatTheFunkParis/90bpm-remi-domost-review-by-ugly-mac-beer-december-2010/


PLAYLIST

WHAT THE FUNK INVASION #3

Baron Retif & Concepcion Perez – Superman (Superman EP – Musique Large 2011)
La première prod des nouveaux arrivés dans la famille Large est une tuerie playlistée un peu partout déjà. Qui n’a pas son EP de BR&CP ?

Theophilus London – Calypso Blues Natural Self’s Deep Blue Remix (2011)
Quand le leader de la new school us reprend un monument de nat King Cole, c’est bien … mais quand le beatmaker de Brighton en fait un remix, c’est le paradis !

Space Ranger – Chocolate Bar (2010)
Un gros sample des Bar Kays de leur tubesque Holy Ghost , magnifié l’eclectro funk de Space Ranger qui avec ce Chocolate bar nous régale le dancefloor .. Un titre à danser sans fin ..

Quantic & His Combo Barbaro – Mas Pan DJ Day Remix (Tru Thoughts – 2011)
Quand la musique latine de Quantic rencontre le beat funky – jazzy californien DJ Day, cela donne un Mas Pan à s’écouter en boucle.

Ebo Taylor – Love & Death (Love & Death – Strut 2010)
Quand le guitariste Ghanéen revisite ses propres classiques avec l’aide d’Allemands fondus d’Afro, ça donne des titres transfigurés et un album à posséder sans discuter.

Charles Bradley & Menahan Street Band – Telephone Song (No Time For Dreaming – Daptone 2011)
Un premier album à 60 ans passés mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Pour très bien faire même !

Akhénaton & FAF La Rage – PPDLM (We Luv New–York – MeLabel 2011)
La beaufitude vécue de l’intérieure par 2 gâchettes Marseillaise. Ca taille à la mitrailleuse ! L’album arrive en mars.

Raashan Ahmad – Falling (For What You’ve Lost – Trad Vibe 2011)
Le MC des Crown City Records invite 2 poids lourds californiens sur ce morceau : Aloe Blacc et The Gift Of Gab des Blackalicious. Un track « all stars ».


VIDEOS

MUZUL BORDERLINE : LA VIDEO
 



AGENDA

WHAT THE FUNK INVASION #3

25/02 : Bonobo + NIghtmares On Wax + Soulist à la Machine
02/03 : Chali 2na + Freeworker à la Bellevilloise
11/03 : Mr Scruff + Soulist + Freeworker (WTF 8 ans) au Nouveau Casino / Café Charbon
01/04 : The Jungle Brothers live (WTF 8 ans) au Nouveau Casino
01/04 : Mad Mats + TM Juke + Soulist (WTF 8 ans) au Nouveau Casino

WHAT THE FUNK CREW ? WHO THE FUCK ARE THEY ?!!

Soulist
On en sait peu sur lui, hormis ce fait étrange constaté par des anthropologues : dans des contrées reculées, les hommes se passent des flyers de ses soirées sur la tête pour s’assurer un cheveu dru et luisant. A eu un enfant avec Fulgeance.
Soulist
Souleance

Freeworker
Togolais d’origine Araméenne, plusieurs fois champion de Lucha Libre. Appelé aussi l’Enfant à la Voix d’Or, ses plus beaux mails d’excuses sont régulièrement lus dans des cafés hype Parisiens (liste contre une enveloppe timbrée).
What The Funk Paris
Future Basics Radio Show

Muzul
Né à l’âge de 8 ans, a passé les meilleures années de sa vie dans des geôles de Djakarta où il rédigea son best-seller : « Quelles merdes ! », poignant recueil de chroniques musicales. Déverse fiel et amertume sur simple demande (tarifs dégressifs et prix de groupe).

Boris T
Recherché dans 24 états d’Amérique pour vol de couleurs, Boris quitte Jean Paul Goude en 1983 pour se consacrer à son œuvre magistrale « Liking The Motorhead Mustache Is Not A crime ». Aperçu pour la dernière fois dans une soirée disco dans les années 90 …

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