On ne vous apprend rien, de Holy Other à Evian Christ, en passant par Vessel, Aluna George, et bien d’autres… Tri-angle Records est aujourd’hui gage de qualité. Leur dernière signature s’inscrit dans cette lignée, et on n’hésiterait pas une seule seconde s’il fallait mettre un billet sur ce nom.

Ce futur arbore le doux sobriquet de Fis. Inconnu jusqu’alors pour la plupart des individus, ce producteur néo-zélandais n’en n’est pas à son premier coup d’essai et possède déjà sous sa veste de producteur quelques EP : Homologus, The Commons, Duckdive.

Son nouvel EP « Preparations », sorti le 18 Novembre 2013, plaque le projecteur sur cet artiste foutant un coup de pied dans la fourmilière électronique. Esthétiquement Fis, n’est pas orphelin mais il est délicat de tracer sa généalogie précise. Il y a la dureté des paysages industriels du nord de l’Angleterre (Demdike Stare, Andy Stott) et le grand frisson de ses camarades de label (Haxan Cloack, Forest Swords, Vessel) qui l’insère sans mal dans un portrait de famille chez Tri-Angle. Une famille adoptive dont il portait l’ADN dès la naissance en somme.

Il suffit d’une écoute pour s’en rendre compte. Décrire la musique de Fis relève alors du vrai défi tant elle se veut complexe. C’est noir et menaçant comme une ombre inconnue, c’est tribal (voir néo-tribal) et en bon ancien de la drum&bass, c’est gorgé de basses fréquences raffinées. Cette sonorité, qui pourrait déjà en rebuter plus d’un, et en réalité la force majeure de Fis, parvenant à rester accueillant dans ce monde aussi absorbant et fascinant qu’inquiétant.

Au final, Fis parvient à créer au travers de sa musique, son propre univers. Il ne compose pas pour donner une forme à sa vison du monde qui l’entoure mais pour la découvrir. Il déconstruit pour mieux rechercher, expérimenter, et ainsi trouver une nouvelle matière.

« There is some residue of a drum and bass interest there in what I’m doing. I don’t call what i’m doing drum and bass. I don’t actually call what I make anything, for the record ».

2014 sera sans nulle doute son année puisqu’il reste à peu près tout à découvrir chez lui comme il l’explique :

 « It’s fair to say that about 5% or 10% of what I’ve written and finished has actually been made public« .

Néanmoins, il apparaît déjà que sa tête est dure et bien faîte. Ajoutons à cela un parti-pris se nourrissant de vos chairs de poules et on affirme d’ores et déjà sans crainte qu’il sera un grand homme mon Fis.

Olivier Cron

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