Apparu dans les années 2000 à travers le mouvement  »Dirty South », la trap n’est plus seulement rattachée au hip-hop. Elle est désormais devenue un phénomène électronique à part entière.

Celle-ci a pour ainsi dire vécu une véritable cure de jouvence. Bien que de nombreux artistes soient déjà rattachés au mouvement : de Three 6 Mafia à Gucci Mane en passant par 808 Mafia ou encore Hudson Mohawke, Baauer, Flosstradamus… La liste semble s’entendre de jour en jour.

On pourrait voir dans cet aspect « rénovateur » un certain coté néfaste. Celui d’un genre qui se voit coller l’étiquette de phénomène temporaire et « hype ». Mais ce renouvellement à au moins le mérite d’amener une fleuraison de nouveaux talents, redéfinissant le genre, détruisant les codes, permettant ainsi l’évolution et la longévité de cette scène.

Si vous vous intéressez à l’univers de la trap, récemment ou depuis toujours, certains noms reviennent de plus en plus. Aujourd’hui il s’agit d’Ollie O’neil (17 ans), jeune prodige de la trap made in UK, bien connu sous l’alias Hucci.

Mais ne vous y trompez, du haut des ses 17 années, le jeune homme n’est pas du genre à n’avoir montré ce dont il est capable qu’avec un ou deux morceaux. Non, Hucci est un véritable bourreau de travail. Pour vérifier cela il suffit de plonger sur son Soundcloud, où ses premiers sons apparaissent alors il y a 3 ans (Only you, Rain). Deux morceaux toujours présent pour montrer l’origine d’Hucci en terme de production à savoir le hip-hop.

Néanmoins, c’est bien vers la trap qu’Hucci décide d’investir tout son potentiel. Prenant son temps, apprenant par soi-même, Hucci enchaîne alors les créations. Produisant morceau sur morceau, la consécration se fait avec son 1er EP Novacane sur Cream Collective. La reconnaissance des pairs est là : BTraits, Diplo, Flosstradamus témoignent de leur soutien au jeune artiste.

Pour autant, comme avec chaque nouvel artiste vient une question la question de l’originalité dans tout cela ?

Si au départ Hucci semble être très proche de ses pères « spirituels ». Au fil du temps, sa patte personnelle prend le dessus pour devenir un producteur original à part entière (YEAAH !, House Party, The Leaves Are Brown).

En témoigne notamment l’évolution que l’on ressent sur ses deux EP. Si Novacane était une introduction à ses influences, Gold Rose fait preuve d’une véritable maturité et de recherche chez l’artiste pour parvenir à créer un univers propre, témoignant également qu’Hucci est un producteur hors pair.

En sommes, Hucci à l’instar d’un Joey Bada$$ ou encore Earl Sweatshirt est l’exemple même de cette nouvelle génération tirant des idées originales de leurs influences mais plutôt que de les copier indéfiniment, ils souhaitent également les dépasser.

À l’image d’un livre en cours d’écriture, Hucci possède son début mais pas encore de fin. Nul n’étant devin, impossible de connaître le final en avance, à savoir si le petit prince deviendra roi. À vrai dire, on ne se pose pas encore la question bien qu’on le pressente en tailleur sur-mesure pour habiller les flows de Flocka, Danny Brown, A$AP Rocky, Rockie Fresh ou Gucci. Pour le moment laissons lui le temps, car l’ensemble de son oeuvre s’avère suffisamment entraînant. Aficionados de basses modulées à vos casques, vous serez ravis par le jeune Hucci !

Olivier Cron

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