J-4 avant le gros départ du Marvellous Island, un (très) Grand Paris dont les frontières touchent celles d'Ibiza. Une affiche très lourde sur une toute petite île du XIIème arrondissement, suffisant pour nous pousser à nous entretenir avec Sophien Arrar, DA et programmateur du festival.

Question simple pour commencer : on a vu Marvelous Island pousser d'un coup sans trop connaître vos antécédents. En gros qui êtes-vous ? D'où venez-vous ? Vos antécédents en fait.

Cela fait seulement trois ans maintenant que j'habite à Paris, avant je vivais dans le Sud, à Aix-en-Provence. Mais cela fait un bon moment que je suis dans ce milieu par amour de la musique et pour l’évènementiel. Depuis six ans, je reste environ cinq mois à Ibiza chaque année ce qui m’a permis de créer beaucoup de contacts. Quand je suis arrivé à Paris, je m'occupais des artistes de la Terassa au Culture Hall, organisée par Filipe Alves. J’ai également travaillé au Cirque Bonheur depuis l'ouverture et ce jusqu'à octobre dernier, à Cadenza sur Ibiza lors de la saison 2011, sur Inox Park Paris lors des deux dernières éditions. Au début, ce n’était qu’un boulot d'étudiant lors de mes études de droit à Aix et à la Sorbonne, que je viens de terminer. Je pouvais allier plaisir et travail, ce qui est une grande chance je pense. Donc lorsque Arthur Louvet et Charles-Etienne Prétet m'ont proposé de me joindre à eux sur le projet de Marvellous Island, j'ai tout de suite accepté. J’avais déjà eu des idées d’un festival dans ce genre, seule la structure me manquait. Je m’occupe de la direction artistique et de la programmation musicale, je connais à peu près tous les artistes qui viennent jouer parce que j’ai déjà travaillé avec eux ou que je les ai rencontré lors de soirées.

 
 

Tu as vu le docu RA sur l'effervescence de la scène Parisienne, à quoi cette effervescence est due selon toi ?

Selon moi cette effervescence est due à la demande mais aussi à l’envie de s’ouvrir vers d’autres univers musicaux. Tout le monde se plaignait qu'il n'y avait pas assez d'évènements électro sur Paris. Je crois que ce temps est révolu. De plus en plus d’organisateurs se lancent dans des évènements electro. Nous avons vraiment vu l’effervescence l’été dernier : beaucoup de nouveaux lieux sont exploités pour des soirées/journées electro.

 

Vous avez le sentiment d'y participer ?

J’ai vraiment le sentiment d’y participer surtout depuis l’annonce du festival mais aussi un peu avant. J’organise tous les mois des soirées dans divers lieux. Ça ne fait que commencer.

 

C'est un peu grâce à cette effervescence que vous montez le festival cette année ?

Tout à fait. Il est important, dans ce milieu, de vivre selon les tendances musicales et les envies des gens. Aujourd’hui, la musique electro prend beaucoup d’ampleur donc nous en profitons pour multiplier les évènements en rapport avec ce qu’aime le public. Qui plus est, il manquait un événement de cette ampleur à Paris.

 
 
 

D'ailleurs on parle souvent des lieux et évènements qui se multiplient à Paris (ou en France) mais pas de la scène. La création suit le même développement selon toi ? Il y a un son Parisien ?

Oui il y a un son Parisien, et même plusieurs styles. On voit bien que plusieurs scènes parisiennes se dessinent. J’ai crée mon agence VIBES AGENCY, je manage plusieurs jeunes artistes et ils ne jouent pas tous dans la même scène. On peut d'ailleurs les retrouver lors du showcase VIBES Agency le 9 Mai sur la Jungle Stage ou sur mon site : www.vibes-agency.com

 

Et on crache souvent sur Paris mais des belles initiatives sont prises ici, quels sont les atouts de Paris ?

Les atouts de Paris sont à mon avis son passé, sa culture, sa beauté mais aussi la possibilité de trouver des lieux insolites (telle que cette île où se déroulera Marvellous). La banlieue parisienne est aussi pas mal exploitée pour faire des soirées électro.

 


Et pourquoi cette effervescence n'arrive que maintenant ? Pourquoi des événements comme Marvellous Island ne naissent qu'en 2013 ? Prise de conscience tardive que l'on pouvait nous aussi rivaliser avec nos voisins européens ?

Je pense que cette effervescence arrive puisque les parisiens en avaient assez de devoir se déplacer dans les autres capitales pour écouter les artistes plébiscités. Certains ont pris les devants et on lancé plusieurs évènements récurrents. Aujourd'hui quasiment tous les jours on peut écouter du bon son à Paris.

 
 

Maintenant que l'on a vu ses atouts, quels sont les handicaps de Paris selon toi ?

Je pense que les handicaps de Paris sont les freins que la communauté peut mettre en face des initiatives. On peut le voir avec les différentes plaintes sonores émanant contre les clubs et des autorisations pas toujours évidentes à obtenir.

 
 

Vous avez le sentiment que les Français aiment plus la techno qu'avant ? Pourquoi on parle de renaissance à Paris ?

Je pense que la musique électronique est la musique du futur, les possibilités sont infinies. Les français aiment plus la musique électronique qu’avant puisqu’elle est de plus en plus diffusée et exploitée. Ce n'est que le début en fait.

 
 

Et comme on a une rubrique "From Paris To" on s'intéresse à ce qu'il se passe ailleurs. Où est-ce que la nuit est amenée à se développer bientôt ? En Europe ou ailleurs.

Le Japon est la prochaine destination à suivre je pense.

 
 

Comment peut-on aligner autant de têtes d'affiches sur si peu de jours en une première édition ?

Ça, c'est mon petit secret!

 
 

C'est quoi votre (plus) grosse fierté sur l'affiche ?

Il y en a plusieurs, mes plus grosses fierté sont Loco Dice, Seth Troxler, Jamie Jones, Damian Lazarus, Jupiter Jazz ( Maceo plex et Danny Daze en back to back 4h) mais ce ne sont pas les seuls.

Les newcomers à suivre de près ?

Jan Blomqvist, Synapson, Louca, Djebali, Madben, Lazare Hoche, Villanova …

 
 

Des sorties comme Polar Inertia, l'engouement pour Sigha et/ ou Shifted, le retour de Dettmann, le virage de Mondkopff qui ressemble à Perc en signant sur son label, l'indus qui revient dans la techno… La techno devient hyper austère ces temps-ci, c'est du à quoi selon toi ?

Il y a deux courants qui prennent force dans l'electro : on a le coté plus festif avec Jamie Jones et compagnie, puis en parallèle un courant berlinois plus froid mais qui rassemble aussi beaucoup.

 
 

Si on n'a pas fait le Marvellous Island avant ses 50 ans on a un peu raté sa vie ?

Ça, c'est clair ! On va avoir une scénographie de dingue. On est dessus depuis plusieurs mois. J'ai toutes les planches avec moi et j'ai hâte d'être le jour J pour que tout le monde voie notre travail. Nous avons vraiment envie de faire partager notre goût pour la musique et de rassembler un maximum de gens, de faire voyager les gens pendant cinq jours. La scénographie conjuguée à la qualité des DJs vont faire de ce festival, un événement à ne surtout pas manquer.