Son LEA en pop chelou, il l´a eu avec les félicitations du jury. Linguiste de la discipline chez Not Not Fun et 100% Silk où il renouvela le langage du disco (l´Ital-disco), Ital a déménagé lors de son dernier album chez Planet Mu où logeait déjà un Ital (Tek) histoire de créer la confusion. Et de la confusion Ital en sème toujours autant via son deuxième album Dream On, un océan de de surréalisme dans une goutte de techno.

Daniel Martin-McCormick est une savonnette sous la douche (retenez vos esprits scabreux par pitié) : dès que vous pensez l´avoir appréhendé, il vous échappe. De ses EPs chez 100% Silk on en retient une disco-Instagram avec filtre vintage fake sur les bords mais fière d´un surréalisme beau comme un buvard de trop dans un sex-shop. A peine le temps de la digestion et Ital laisse tomber l´odeur de la fripe et les clichés jaunis par le temps pour incarner la deep house, l´EDM, (voire le footwork ou le dubstep) d´un type qui a grandi avec le DIY et la noise (qu´il pratiquait avec Mi Ami).
Ital / Dream On
Outre la saturation de l´espace et son costume de M. Bricolage, Ital développe une fascination nouvelle pour l´arrangement nauséeux (notamment lorsque ça dégueule de musique concrète) et déboussolé. Dream On est un album qui prend plaisir à perdre le nord, qui marche d´un pas décidé sans savoir où il va mais qui ne s´égare jamais tant il se dirige avec aplomb. Une expérience de la désorientation en techno où l´on n´a jamais assez pied pour savoir sur lequel danser.

Un drôle d´objet, mémoires d´un jeune homme dérangé et inrangeable. Ne cherchez plus du côté d´Odd Future, le véritable futur chelou est ici, chez Ital. Mais est-ce ça le futur que nous voulons laisser à  nos enfants ?

 

 

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