Vitalic est de retour avec un troisième LP dangereusement plus festif que ses deux précédents. Réputé pour être un performeur live, Vitalic frappe fort en livrant un album irrigué par l´énergie de la scène, à base de techno castagneuse et de fidget uppercuts. Le discret mais non moins talentueux dijonnais nous emmène sur son ring. C´est sauvage, efficace, décapant.

Si ce pilier de la musique électronique Française relatait la maltraitance des poneys au sein des cirques dans son premier album (si si), Rave Age lui, semble avoir été pensé pour maltraiter (avec tendresse) un dance-floor.

On y retrouve la griffe particulière de l´artiste : sons sauvages et saturés, flopée de boucles addictives et autres riffs puissants. Cependant, comme en témoigne son titre, cet album demeure le plus dansant de sa discographie. D´ailleurs, Pascal Arbez-Nicolas précise qu´il l´a composé avec un objectif en tête, le live. Pas étonnant pour ce surdoué de la scène, qui laisse son public exsangue et trempé jusqu´aux os après chacun de ses sets. Le résultat est pour le moins probant. A l´écoute de Stamina (dont le clip réalisé par Saman Keshavarz cogne aussi dur que le son) ou No more sleep, nulle personne normalement constituée ne peut s´empêcher de remuer compulsivement sa nuque.




Depuis Ok, Cowboy, Vitalic gonfle sa techno au rock (My Friend Dario) et au disco (Poney Part I). Aujourd´hui, Vitalic passerait presque à la tendance inverse puisque le rock ou la disco montre les muscles avec une techno qui turbine comme si elle était produite par un allemand de seize. Vingt ans d´expérience en plus au compteur. Et une incontestable érudition puisque Vitalic porte toujours aussi haut et fort l´étendard de la proto-électro des années soixante-dix type Jean-Michel Jarre ou la sexytude de Cerrone dans des morceaux tels que Fade Away.


Une frénésie lyrique, voire mélancolique, à l´instar de l´étrange La mort sur le dance-floor. A contrario de ses deux précédents albums (Ok Cowboy en 2005 et Flashmob en 2009), Vitalic ouvre la guestlist et de nombreux featurings sont présents (Sexy sushi, Shitdisco, etc…) et (trop) souvent sous la forme de voix mystérieuses et vocodées. Si les featurings constituent (au même titre que les remix) souvent un moyen de s´ouvrir à une nouvelle audience, ils ressemblent ici plus à un coup de coeur, qu´à un coup marketing.

Que l´on aime ou pas la musique de Vitalic, force est de constater le travail dense et ambitieux de ce compositeur iconoclaste. A l´écoute, Rave Age engendre des effets similaires au fameux cristal bleu de Walter White : accélération du rythme cardiaque et adrénaline garantis. En toute légalité.


Julie Pujols Benoit
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