Depuis quand laisse t-on les patrons effectuer le boulot du petit personnel ? Michael Mayer patron (et co-fondateur) de Kompakt sort son deuxième album après huit ans passés à superviser le travail d´autrui. Alors ? Les patrons sont-ils vraiment tous comme des cochons ? Ne méritent-ils tous qu’une bonne volé de plomb ? Non, pas Michael. C´est le Mayer d´entre eux.

 

En 1998, Michael Mayer jeune allemand à l´esprit d´entreprise affirmé comme une érection à l´aurore, décide de créer un label avec quelques bros (Wolfgang Voigt, Reinhard Voigt, Jürgen Paape et Jörg Burger, la A Team en sorte). Né ainsi Kompakt, petite PME de Cologne qui portera la techno minimale et prog aux oreilles de qui veut l´entendre de par le monde.




Avec un tel passif, autant dire qu´on attendait de Mantasy une énième minimalerie sèche comme une anorexique et goulue en énergie, comprenant son lot de surenchère et de stéréotypes comme le ferait un patron de Kompakt. Verdict ? Rien à voir. Huit ans après son premier LP, Michael a pris plus de plomb dans la cervelle que dans l´aile. Presque quinze ans à la tête de Kompakt, ça ne forge peut-être pas un homme mais très certainement un artiste. En résulte Mantasy, carnet de souvenirs anti-Berghain d´un quadra, à la fois démodé et à l´épreuve des modes. Et lorsque l´on dit anti-Berghain, entendez anti-club. De Lamusetwa à la désuétude déconcertante, bain stellaire de techno-prog que l´on retrouvera dans Wrong Lap et Mantasy, à cet odieux breakbeat circa 00 de Roses en passant par le rockabilly techno-friendly de Rudi Was A Punk, ce deuxième album évite tous les trendings topics pour ne se concentrer que sur la kitscherie par paquet de vingt.

 


Seule véritable oeuvre de genre (et encore, le mot est fort) de cet album : Good Times. Hymne à la joie et aux tapes dans le dos, Good Times donne à la house de Chicago pré-90 une traduction parlante pour l´abonné au Social Club. Michael Mayer est un artisan hors d´âge qui pourrait (devrait ?) être l´objet d´un focus par la rédaction de Jean-Pierre Pernaut tant son savoir-faire est ancré dans le passé. Etonnamment, le colonais ne remue pas la poussière pour autant. Michael Mayer est un antiquaire, il aime les vieilles pièces mais sait les conserver comme neuves.