On a toute la vie pour sortir son premier album. Eux, l'ont fait à 19 ans comme une éjaculation précoce à la face du monde (élégance). De la gelée, ils sont passés à la Jelly, spécialité anglaise (s'il en est) sur ce deuxième album translucide, qui tremble mollement et recèle un goût factice.

 

On ne change pas une équipe qui gagne, n'est ce pas ? Eh bien, dans le cas présent, le staff n'est plus le même puisque Baria Qureshi a quitté le groupe pour cause de carences en vitamines C. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ?



 


Oui et non. Si elle n'était pas le moteur, elle était peut-être la roue de secours d'un bolide sortie de piste après deux tours. La véritable richesse du premier LP venait de ce vœu de pauvreté, cette idée (comme Tina) de ne conserver que Simply The Best. En ce temps, il y avait de bons produits (Robert ou Smith Chris Isaak), de la subtilité dans le propos et un souffle chaud vous courant dans la nuque comme s'il provenait d'un obsédé du métro.

 

Coexist est globalement une hécatombe, on ne sait pas quelle guerre s'est jouée entre les deux albums mais ça n'était pas la leur. Avec pour influence majeure la fonction ctrl +c de leur ordinateur, The XX n'est devenu qu'une caricature à taille réduite de lui-même. Se répéter n'est pas un problème en soit, s'imiter en est un autre. Et les XX procède avec le talent d'un Laurent Gerra.

 


Si vous voulez, Coexist est un anti-médicament générique : The XX conserve le nom mais la molécule a disparu. Reste l'effet placébo avec un peu d'acharnement. Donc rien de nouveau à l'ombre si ce n'est qu'il se produit un mouvement dans l'album similaire à celui de Londres où la house, (plutôt l'acid locale) commence à reprendre la majorité d'une assemblée jusqu'ici dominée par le dubstep. Ça c'est la touch Jamie, qui a tellement tiré profit de ses plaisir solitaires qu'aujourd'hui ses productions prennent le pas sur des mélodies savoureuse comme de l'eau de roche. Aux oubliettes, la sensation d'infiniment grand et le jeu sur l'espace-temps d'antan remplacé par un vide incontrôlable.  

 

Outre Reunion, qui s'achève sur un sous-Four Tet, on ne sauvera guère que Sunset, seule vraie réussite de cet album et unique tentative d'aborder l'inconnu de la part des XX. Doté aujourd'hui de la sensualité d'un pilier de bar, on n'a pas connu si grande pauvreté même dans le bloc soviétique, avec de la bonne idée servie au ticket de rationnement . L'expression "n'être que l'ombre de soi-même" prend toute sa dimension à l'écoute de Coexist, eh ouais, à trop trainer en noir, nos trois corbeaux annonçaient la couleur : c'est l'heure de faire le deuil de leur créativité.