Si l’habit ne fait pas le moine, les origines font souvent le son et quand on a vu le jour (ou plutôt la pluie) à Edimbourg la tendance se porte plus vers des couleurs sonores sombres et peu rassurantes. Joe Acheson, l’architecte du Hidden Orchestra, continue son odyssée dans les abysses de l’électro avec le deuxième chapitre de ses carnets de routes : Archipelago.

 

Si Night Walks se voulait être « une réflexion onirique sur une balade nocturne sans fin », ce deuxième album semble prolonger le voyage vers un archipel de sons en guise d‘étape où l’on retrouve les influences du premier opus qui allaient de Dj Shadow à Cinematic Orchestra tout en passant par Bonobo. Le quatuor poursuit sa prospection, sans révolution, des bas-fonds d’un trip hop mâtiné de jazz et de cordes cinématiques pour offrir la parfaite BO d’une journée sous un ciel pleureur écossais. Hidden Orchestra garde cette aisance pour décloisonner les styles par le biais d’un beat schizophrène faisant office de passe muraille (Vorka). Les arrangements de cordes restent la pierre angulaire des compositions et gardent pour leur majorité la qualité du premier album (Overture), même si sur une ou deux pistes on a l’impression de se battre aux côtés de Mel Gibson dans Braveheart (Hushed). Joe Acheson étale aussi son talent dans la perception des sons où un gros travail sur les effets confére parfois une dimension subaquatique à ses compositions, laissant en suspend les notes l’espace d’un moment afin de les laisser déferler par la suite. 



Bien qu’on puisse regretter le peu d’évolution entre Night Walks et Archipelago, ce dernier semble plus compléter la carte de l’univers sonore de l’Ecossais et signe peut être une étape ou la fin de cette ballade nocturne …

 

Julien Renou