Spitzer sonne comme le dernier modèle de chez Dassault présenté par des pin up en tenue de camouflage au salon de l'automobile militaire : le tank idéal pour emmener les enfants à l'école. Le nom ne ment pas tant que ça : Spitzer est une machine de guerre familiale made in France. Et lorsque le duo signe son premier album chez InFine, le label Lyonnais semble gaulé comme DFA.
 

Si l'austérité et la rigueur sont les deux mamelles de Mme Merkel ces temps-ci, la plupart de la création européenne semble s'y allaiter. Et si par les temps qui courent plus personne n'a envie de faire tourner les serviettes, chez Spitzer, on assiste même à un début de guerre froide.

On l'a compris : Spitzer produit à frigo ouvert. Plus un papier ne s'écrit sur "The Call" sans qu'on les fasse fricoter avec Goblin, des ritals qui ont perçu (et souligné) tout le funk dans l'horreur d'Argento. Désormais, ils l'ont pigé, si les frères Bregere veulent se reconvertir dans l'OST, Dario les attend bras ouverts. Mais si on ne se contente pas d'un portrait à taille réduite, Spitzer c'est aussi un groupe sanguin compatible avec la techno-prog de Border Community, c'est du thriller vu par Moroder, du Carpenter chez Zombie Zombie, du Wendy Carlos dans Shining et même du post-punk. Oui les enfants, notre interview le confirme d'ailleurs, Spitzer c'est avant tout deux amoureux du rock cherchant leur tendre moitié dans la techno.

Elle vient de là, elle vient du rock, cette froideur du chrome que l'on caresse. On n'a pas vu venir Spitzer mais nous les suivrons tels des weirdo du métro. D'ailleurs, les Transmusicales ne s'y sont pas trompés, là où la tête d'affiche devait être Vitalic, c'est finalement Spitzer qui a fait postillonner toutes les lèvres lors de l'annonce. Et outre la bave, c'est surtout l'encre que le duo n'a pas fini de faire couler.