Si les fondations de Daptone s’effondrent un jour, les artificiers d’Antibalas figureront en bonne place sur le banc des accusés (suivie de près par le Budos Band c’est vrai) et devront répondre de ce sixième album éponyme.


 
Bien qu’éparpillé à travers la myriade de groupes qui occupent les membres du collectif de Brooklyn force est de constater que ce n’est pas la vieillesse qui les conduira dans un train de sénateurs nigérians. Si Security avait quelques réminiscences cinématiques de polar de Lagos, ce dernier opus se tourne plus l’afro-beat de papa Fela. Dirty Money, qui porte la première estocade, annonce la teneur de ce qui nous attend : cocottes de guitares et lignes d’orgue sont les mèches de cuivres démoniaques dont le mot répit ne fait clairement pas partie de leur vocabulaire (The Ratcatcher ou Ari Degbe). Le reste de la galette est du même acabit et vaut clairement son pesant de Nairas. Pour le son on ne sait plus si Daptone se trouve à Brooklyn ou à Lagos et si Gabe Roth n’était pas l’ingé-son de Fela. On s’aperçoit même que le bon gout de ce disque va jusqu’à étaler des baguettes de pains sur la pochette. Bref un disque totalement bon.

Julien Renou