"Est-ce que le bonheur me trouvera ?". A priori la gaudriole ne se transmet pas génétiquement. Fille d'un humoriste Estonien, Maria Juur, 22 ans, a toujours porté le spleen en bandoulière, le cœur serré. Sur ce troisième album, ça ne s'arrange pas et sa pop minérale vire même à l'eau de boudin.
 

Maria Minerva ne pouvait pas signer dans un meilleur label que (le génial) Not Not Fun. Déjà parce que ses albums n'inspirent vraiment pas (pas) le fun et puis car elle est en famille au milieu des Ital et LA Vampires qui parlent à tous ceux ayant opté pour "LV2 pop chelou". Ceci dit, nous souhaiterions visiter l'Estonie en compagnie de Maria Minerva et elle trouverait bonne place dans un calendrier "Cute Girls & Synths".

 


Toute amoureuse de l'Art Brut qu'elle doit être, Maria aime à scander régulièrement qu'elle n'est pas musicienne. Ça finit par se remarquer. Pas du genre à la montrer à tous les passants, sur Will Hapiness Find Me ?, son usuelle pop de galerie à base de collage devient un long dimanche à poser du papier-peint. Outre l'avènement du marouflage dans sa discographie, Maria commence sérieusement à dévier du Lo-Fi vers la pop de chambre de bonne : trop étroite, bon marché et impossible à ranger.


L'exquise nonchalance d'antan a laissé place à une apathie artistique conviant l'auditeur à produire le travail intellectuel à sa place. Le concept du collage sur laptop ou de l'harmonie dépareillée est devenu surement trop routinier et s'il n'y avait quelques astuces dans les arrangements pour surprendre, quelques pointes d'humour ou le titre d'entrée The Sound, ce troisième album serait tristement démuni. Minerve, déesse de la sagesse, de la stratégie et de l'intelligence a abandonné Maria sur ce troisième album qui n'est rien d'autre qu'un voyage au bout de l'ennui pour amateur d'abstraction de fin de solde. Maria n'a toujours pas trouvé le bonheur, nous n'avons pas trouvé le notre dans son album non plus.