Au royaume des fesses qui claquent, DirtyBird a toujours eu les épaules d'un leader. Après dix années d'existence, toujours pas de couronnement en vue mais le premier LP de Justin Martin se rapproche du but : convaincre sur le format long tout en conservant le fun pour boussole. Avec "Ghetto's & Gardens", la house a trouvé son Mélanchon et la lutte contre l'austérité prend une nouvelle tournure.
 

Parmi les oiseaux à l'hygiène reprochable que compte DirtyBird, un peinait jusqu'ici à prendre son envol sur la longue distance : Justin Martin. Englué depuis dix ans dans les colonnes réservées aux maxis, on n'attendait en 2012 rien de plus qu'une rétrospective des siens en format puzzle où se cacheraient quelques b-sides.  

 


C'était mal connaître l'animal puisque si "Ghetto"s & Gardens" convie quelques singles historiques, on trouve ici un bon paquet de premières mains. Après avoir poussé dans l'ombre de Claude Von Stroke, le visage de DirtyBird, Justin Martin trouve enfin sa place au soleil. Véritable boutique d'artisanat local, ce premier LP, fait d'un même marbre et assemble en un même corps, traduit en californien tout un pan de la house comme un Footwork (de Chicago) abruti par la chaleur locale ou un Jersey Club (du… New Jersey) plus souriant.  

 


Des basses siliconées, bâties pour les open air parties, aux mélodies qu'on se surprend à siffler en sortant du bain, "Ghetto's & Gardens" dépasse les bornes sans bousculer les frontières de la house. Et c'est déjà énorme. Justin Martin vient du pays des low riders, là où le bounce est une matière enseignée à l'école (dans la cour, oui) et dont ce "Ghetto's & Gardens" est un jalon chiadé. Si jusqu'ici, Martin attirait surtout la déférence des DJs, le producteur ne devrait pas tarder à connaître celle du public.