Si Slagsmålsklubben est typiquement ce qu'un chat écrirait s'il marchait sur un clavier ou alors le nom d'un clic-clac en kit, en suédois ça signifie "Fight Club". Un nom séant toujours à ravir aux auteurs de ce quatrième album où, entre techno ivre et synth-pop schizo, les murs du "night club" ne tiennent qu'à une consonne.  

 

Dans "Le Guide Michellou" des établissements où la foire est un art de vivre, The Garage vient d'obtenir sa première étoile. D'ailleurs, un conseil à nos lecteurs frileux, ce quatrième album étant un tel condensé de titres à coucher dehors : pensez à vous munir d'une petite laine.

 

 


Étant donné l'engin, personne ne s'étonne que Slagsmålsklubben ait été jusqu'à présent cantonné à l'import au pays de M.Oizo. Pour un distributeur, parier sur Slagsmålsklubben, ça revient à vouloir vendre des sous-marins dans le désert : sur un malentendu, ça peut fonctionner. Peut-être suffisait-il à Slagsmålsklubben de s'installer à Berlin mais depuis le déménagement, les Suédois ont signé The Garage ou l'ambition d'une troupe d'aliénés de devenir apprivoisables.


 


Si parmi les spécialités locales de Berlin on peut compter la techno dans son plus simple appareil, Slagsmålsklubben prône qu'à Rome, on ne fait pas comme les Romains. Techno maximaliste assemblée avec du sparadrap fluo, Slagsmålsklubben aligne les titres de crackheads banger, puzzles mal remontés au regard divergeant porté à la fois sur Mr. Oizo et le Hot Chip des débuts. Si l'on sale encore l'addition, on rajoutera un (mauvais) gout prononcé (et très assumé) pour le kitsch, le folklore, l'arrangement de supermarché et le grand-guignolesque faisant de ce The Garage une des curiosités les plus inrangeables et dérangées de ce printemps.


 

Outre l'enormissime "Tuktuktak ännu en gäng" (prononcez-le correctement et remportez un voyage en Suède), The Garage est un objet complexe et amusant qui provoquera néanmoins migraines et vertiges chez le sujet trop exposé. Pour schématiser, The Garage s'avère aussi éreintant qu'une journée passée dans un parc d'attraction avec une trentaine d'enfants et aussi captivant qu'un parc d'abstraction animé pas des enfants de trente ans. À consommer avec modération.