Tiens, DangerMouse sortirait-il un nouveau projet si peu reluisant qu'il en emprunterait un autre pseudonyme? Pas vraiment. Peut-être qu'à l'heure où la post-synchro devient sacro-sainte pour l'artiste souhaitant payer son loyer, Brian Burton s'est offert les services de quelques hommes de pailles? Non plus. Mais qu'est ce qu'Electric Guest alors? Un duo tellement transparent que l'on ne voit que la patte du producteur DangerMouse.

 

Ce mois-ci en tête de gondole du rayon frais, le label Downtown vous propose Electric Guest, produit pré-périmé à consommation unique. Ils sortent Mondo leur premier album gentil comme tout, primesautier au possible et tellement fade qu'après chaque écoute on se demande si l'on vient réellement de l'écouter.


 


Avoir un bon copain, ça vaut tout l'or du monde (je vous laisse apprécier la hauteur de cette réflexion). Surtout lorsque le copain en question est DangerMouse. Electric Guest est à l'origine composé de Matthew Compton et d'Asa Taccone, petit frère de Jorma Taccone membre des Lonely Islands pour lesquels Asa a (en partie) écrit le fameux "Dick In The Box". Lorsqu'il était à l'université Jorma côtoyait Brian Burton, musicien en devenir qui deviendra l'un des producteurs de sa génération : DangerMouse. Les liens entre la famille Taccone et Brian Burton sont tissés et le jour où Asa décide de composer son premier album, Brian Burton promet qu'il se fera sous l'étiquette "produit par DangerMouse".

 

Que ce soit pour The Black Keys, Gnarls Barkley, Broken Bells ou dernièrement via l'immense Rome, la présence d'un DangerMouse dans son équipe c'est l'assurance d'une reconnaissance critique et commerciale (toutes proportions gardées, nous sommes en 2012). À croire que toutes les règles ont leurs exceptions. Si ce premier album est aussi rafraîchissant qu'un verre d'eau, il est aussi peu savoureux et tous les Brian Burton du monde auront du mal à le transformer en vin.



Les 00's auront été une époque de revival en permanente rotation autant qu'une époque de sédimentation. Lorsqu'une influence pointe son spectre amoindrie, il ne disparaît plus. Et à l'écoute de Mondo, Electric Guest est bel et bien un fruit (mûr au limite du gâté) de son époque. Cinq décennies de pop post-Motown, allant du early R&B au R&B tardif, s'agglutinent dans ce premier album d'un groupe écrasé par le poids de ses influences.

 

À chercher le hit sans jamais le composer, Electric Guest montre qu'il comprend les rudiments de la pop mais ne la parle pas. Dans Mondo, la frontière entre le revival et la soirée déguisée est poreuse, il y a beaucoup de culture mais peu de savoir-faire et d'imagination. Avec DangerMouse à ses côtés, ce premier LP promettait une montagne, mais elle n'a hélas accouché que d'une souris.