Une rumeur populaire moyenâgeuse ou plus récemment un épisode de South Park le clamait : les roux n’auraient pas d’âme. Ha bon? Parce qu’à l’écoute de son premier album, on se dit que Pat Grossi, la toison cuivrée derrière Active Child, aurait pu à la seule force de sa harpe faire en sorte que certains bûchers ne s’allument jamais.    

Si Active Child n’a pas volé dans beaucoup de plumes hexagonales ces temps-ci c’est que la pop doit aussi connaitre son triangle des Bermudes. Il a pourtant l’ADN des champions Pat Grossi. Du moins ceux de 2011, les mêmes capables de faire couler l’encre dans le sens de leur courant et de se lover dans les petits papiers de la bonne presse. Bon Iver de la harpe, moins Joanna Newsom que James Blake dans le solfège, styliste pudique et élégant du R&B dans la veine de The Weekend ou How To Dress Well, Active Child a de qui tenir.

Active Child: 'Hanging On' by Ragged Words
 
Cérébralité, spiritualité et sensualité sont les trois jambes avec lesquelles You’re All I See avance. Ce lyrisme en marbre laqué, cette pop d’ivoire semblant chatouiller les cieux, ce falsetto rococo… tout ça n’est pas orphelin et ne tombe pas du ciel comme des chérubins. Si Active Child fait du R&B d’enfant de choeur, c’est que Pat a vocalisé pour les Ordres dans sa prime jeunesse. Pat le rouquin a eu donc conscience très tôt du concept d’âme et tente désormais d’élever les nôtres via cette omniprésente pureté angélique pratiquement insouillable.

Active Child – You Are All I See by Vagrant Records

Si dans les grands moment de You’re All I See, la pop de chambre à des airs de Cathédrale, cette lumière filtrée par les vitraux et le poids du Baroque peuvent tremper l’ensemble dans l’austère et l’inaccessible. Rien de vraiment encombrant, surtout pour un premier album lancé sur les rails de la grâce et de la volupté. D’ici peu, Active Child deviendra grand.