Avec le deuxième volume de ses Chinoiseries instrumentales, dont la formule se compose de mélodies samplées parmi les vinyles asiatiques et d’un « beat conducting » hip-hop aux drumlines travaillées et aux basslines ajustées, le consciencieux ONRA insuffle sur les 32 titres de cet opus une cohérence globale presque « opiomaniaque » ou, en tout cas, propre à la détente et à laisser l’imagination vagabonder.

Arnaud Bernard, alias ONRA, est un véritable explorateur musical, solide et expérimenté, comme le prouve sa discographie : de la soul music (2006) aux ambiances jazz (2007) ou bien au funk (2010), de la musique Bollywood (2009) à la musique sino-vietnamienne (2007-2008), plus en lien avec sa propre ascendance familiale et ici à nouveau à l’ordre du jour, la beatmaker (et producteur) parisien n’a cessé de perfectionner son art sur fond hip-hop. Ainsi, le deuxième volet de ses Chinoiseries ne souffre d’aucune faute de goût bien qu’il manquera sans doute pour certains de la dose de prise de risques qui amène un projet très propre vers le statut de classique du genre. Ce, d’autant plus que, projet instrumental sur la logique duquel plane le spectre de la référence en la matière, Madlib, l’impression résiduelle dominante pâtit du défaut de ses qualités : la liberté d’interprétation attribuée aux auditeurs, la minutie avérée de son auteur et la cohérence du projet qui en découle offrent le flanc à l’absence de reliefs appuyés. Il faudra donc une écoute attentive et répétitive pour passer de l’écoute générale agréable à l’entente des titres subtilement marquants dont, pour leur structure technique, « Still broke », « Like father, like son », « Open the door », « Stay with me », « In my mind », voire « Remember the name » et, pour leurs ambiances évocatrices, « Opium Delirium », « Where I’m from », « Snakes & Smoke », « Through the flesh », « Ms. Ho », les « Mai’s theme », voire « One for the Wu ».

En attendant d’aller à la fumerie d’opium (ou en concert), puisque ONRA est actuellement en tournée avec son comparse, le claviériste Buddy Sattva, vous pouvez découvrir le teaser de l’album qui vous en donnera certainement l’envie.