Oizo porte à merveille son nom : c’est surement l’un des bestiaux de l’electro les plus volatils qui soient. Si Quentin Dupieux réalise des films (plutôt burnés) sur la hype chirurgicale ou un pneu psychopathe, Oizo peut pondre des oeufs impropres à la consommation. Clairement imbitable dans sa démarche, Maitre Oizo – sur son concept perché – semble vouloir nous dire quelque chose, mais quoi? Pour vous, 90BPM se lance dans le décryptage ornithologique.


Nul doute, à l’écoute de Stade 2, la fin du monde est proche et quelque chose, quelque part a sommé Mr Oizo d’être le héraut du Jugement Dernier. Pas superstitieux pour un denier, Zozo offre son sixième album au monde un 11/11/11 (soit disant à 11h11, fait proprement improuvable dans la mesure où toutes les échoppes sont fermées en ce jour d’Armistice) histoire d’en rajouter une couche niveau ésotérie. D’ailleurs, à l’heure où sonnera le glas du monde, n’oubliez pas de vous munir de l’album de Oizo, quelque chose, quelque part vous reconnaitra parmi les siens.


Mais ce Gérard Holtz aux jambes scindées sur la pochette, est-ce l’oeuvre d’un radical anti-sport? Pas vraiment et d’ailleurs une écoute entière de l’album relève de la performance physique. Et tout le mysticisme entourant ce LP fait-il de Stade 2 une bande-son de vaudou à écouter au centre d’un pentacle? Non, mais il ne fera pas les grandes heures du Rex Club non plus. Alors quoi? Oizo fait de l’OST pour installations d’étudiants en Beaux-Arts? Tu chauffes. Stade 2 est une farce? C’est presque ça, ouais.


Mr Oizo – Stade 2 by Mr. Pornsynth!

 


Nous sommes entre nous et nous allons discuter en toute sincérité : ça ne sert à rien de fatiguer sa plume à scribouiller sur Oizo.

Bah pourquoi? Bah parce que Oizo confesse axer sa création sur “l'inécoutable et l'envie de stopper la track”, le “grand n'importe quoi”, et utiliser Ableton “totalement au hasard”. L’Art, sa beauté, pour Oizo, c’est l’absence de sens, de réflexion. Une sincérité trop grande pour être totalement vraie mais qui (en accord avec votre ophtalmo) vous demande de voir plus loin que le bout de son beat. En 1999, Milos Forman réalise un film sur Andy Kauffman, génie souvent réduit à tort au rang d’humoriste, mais qui n’aimait pas tant faire rire son audience que la faire réagir brutalement, quitte à se faire huer ou recevoir une mousson de mollards. Oizo, c’est l’Andy Kauffman de l’éléctro. Ce type vit avec une peur constante de la banalité, qui – fait louable – le pousse à créer pour susciter une réaction cinglante.


Oizo n’est pas Dada. Oizo n’est pas un aliéné. Ni fou, ni révolutionnaire, c’est un homme de concept, un artiste qui aime la provocation gratuite et à PH neutre. Un artiste tout ce qu’il y a de plus contemporain, qui ne cherche pas à débiter un questionnement ronflant sur le rapport de l’homme à l’Art ou mon-cul-sur-la-commode mais un esthète de la farce dont vous êtes le dindon. Si Stade 2 s’apprécie autant que le chant du marteau-piqueur un dimanche matin, nous noterons néanmoins qu’il faut autant de courage pour le produire que pour l’écouter.     


On n'est jamais vraiment certain de rien avec Oizo mais Stade 2 peut être l’envie de dépasser le stade simple (mais néanmoins noble) de la musique. Rien que ce dernier fait rend Stade 2, Oizo et Dupieux “intéressants”. Mais l’intéressant, chez eux, ça frise le défaut.