Haaa l’Argentine! Son Tango, sa viande rouge, son Messi, sa pampa, son Florent Pagny et plus étonnant… sa techno. Hors des clichés carte-postale, l’Argentine a une scène electronique aussi populaire que la porcelaine d’Argenteuil. Peu importe, authentifié par Luciano ou Villalobos, (et faute de concurrence locale) Barem porte déjà le numéro 10 de son pays.  

L’Argentine peut posséder un sol fertile pour l’électronique (prenez la nueva cumbia par exemple), la techno n’est pas le genre de plante à pouvoir s’épanouir dans ses terres. Ô merveille de la nature, lorsque le vent sema des graines provenant du Canada ou de Berlin, quelques rares candidates parvinrent à germer dans cette terre aride et hostile. C’est ainsi que Barem éclôt. Dans la moiteur de sa terre de feu, Mauricio Barembuem rêvait de techno teutonne enneigée et de deep minimale à l’accent canadien. La légende voudrait qu’un soir de foire, entre une pomme d’amour et une barbapapa, Barem rencontre son idole Richie Hawtin à Buenos Aires. S’en est suivi une signature sur le label "M_Nus", des shows sons et lumières, des montagnes de cocaïne, une potentielle liaison avec Zaz (ok, j’invente un peu)… Bref, Mauricio devint Barem, ce Plastikman d’after argentine dont la classe n’a d’égale que l’efficacité.  

Barem – After The Storm

A vrai dire si on ne vous prévient pas des origines argentines de Mauricio, vous ne l’auriez pas deviné (sauf cas d’extra-lucidité). Dans le catalogue "M_Nus" Barem ne dépareille pas, mais sa techno moite à la boucle ardente trahit un code génétique typiquement latino-américain. “After The Storm” a des accords, des harmonies typiques du continent; sans parler de son allure lorsqu’il sculpte la techno dans la glace pour la laisser fondre sur l’aridité de sa production. La basse bat comme un pouls dans une chair fantomatique, épurée jusqu'à l'os, où seuls les chocs des tibias viennent trancher dans le mou. Un vieux pot pour une soupe fraiche : une formule rodée et érodée qui ne perd pas de son charme si elle est exécutée avec aplomb et sincérité.  

Dans ce premier LP, chaque titre mis bout à bout forme une phrase : “There / Is / Nothing / Better / Than / A / Clear / Blue / Sky / After The Storm”. Un symbole de la cohérence de l’album, à la trame narrative prégnante et pouvant s’écouter comme un bloc d’une heure. Léger soubresaut de qualité chez un "M_Nus" quelque peu médiocre ces temps-ci, “After The Storm” c’est une tempête après le calme.

90 BPM vous conseille : la techno étant une musique sensorielle, une expérience physique, pour un confort d'écoute optimal le port du casque vous est ici conseillé.