Rick James appelait son funk outrancier du Punk-Funk, Keziah Jones appelle le sien Blue Funk, Hollie Cook – fille du batteur des Sex Pistols mais on s’en fout au final – estampille « tropical pop » son reggae sucré. Pourquoi pas. Mais quel que soit le nom que l’on donne à son style, il vient au départ d’un genre musical régi lui par un cahier des charges duquel on ne peut pas trop s’éloigner sous peine de faire n’importe quoi (Exemple : « j’ai programmé des drums sur MPC donc j’ai fait du hip-hop ». Non, tu es les Black Eyed Peas, c’est tout). On ne s’étonnera donc pas de retrouver dans la liste des matériaux de base qui ont servi à l’élaboration de cet album produit par Prince Fatty, le reggae roots et le rocksteady que lui-même aime utiliser. Imposant couple basse / batterie, pompes d’orgue Hammond, guitare cisaille, production organique sans trop de sophistication. Voilà pour le socle. La différence vient ensuite de ces arrangements pop plus rafraichissants vaporisés sur les rythmiques et surtout du joli filet de voix de Hollie qui plutôt que de passer en force préfère onduler dans les sinuosités du riddim. Parcimonieux dans le dosage de la reverb et sans ouvrir en grand les portes de la chambre d’écho, Fatty tripote la console juste ce qu’il faut pour ne pas s’enfoncer dans des limbes dub inextricables, de celles dont on ne sort plus pendant de longues minutes à moins d’être sauvé par un salvateur débranchement de casque. Un album de reggae sans Jah, sans ganja et sans Babylone. C’est reposant.

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