Il y a tellement de sorties. Pourquoi consacrer une chronique à un album relativement fade comme l’est On du musicien et DJ anglais James Braddell, connu sous le pseudonyme Funki Porcini ? Non pas pour casser du sucre sur le dos mais pour constater que si la réputation d’un label, en l’occurrence Ninja Tunes, peut s’établir à travers quelques artistes, le gros du travail consiste dans le maintien de cette réputation. Si même les anciens du label, comme Funki Porcini (Bonobo, 2002), dans une perspective d’ambient trip-hop, à force d’épuration semblent transparents, paresseux du point de vue de l’inventivité, juste agréables, alors il doit se renouveler (Speech Debelle, merci !). Entre ambiance dark des origines (« This Ain't The Way To Live ») et texture jazzy bouclée avec plus ou moins de pertinence, du point de vue de l’originalité, On s’apparente plus à une mise à plat qu’à une galette finement taillée. Du coup, les hommages à Robert Moog (« Moog River »), Lionel Hampton (« The Magic Hands of Fernando Del Rey ») ou Robert Crumb, sur le titre qui comporte son nom, passent aussi inaperçus que la plupart des titres, même quand les mélodies au piano (« The 3rd Man ») sont d’une nappe plus enrichie. Un album qui pourra donc tourner en boucle, sans que rien, à part par moments (rares) une petite âme, n’en sorte véritablement : parfait… pour les ascenseurs !

[01] Moog River
[02] This ain’t the Way to Live
[03] Belisha Beacon
[04] Undermud
[05] On an inconsequential Afternoon
[06] The 3rd Man
[07] Bright Little Things
[08] Robert Crumb’s natural Gait
[09] The magic Hands of Fernando Del Rey
[10] Waking up