Alors que l'on attend depuis des lustres à ce que le génial Sufjan Stevens donne de ses nouvelles, autres que par le biais des tracks qu'il poste régulièrement sur internet, c'est aujourd'hui avec deux nouveaux albums qu'il refait parler de lui et de façon plutôt inattendue. En effet, ces deux nouveaux projets sont totalement instrumentaux et composés autour d'instruments classiques : cordes, pianos, instruments à vents, etc… Le premier, The BQE (The Brooklyn-Queens Expressway) est une commande de la Brooklyn Academy of Music, qui voit Sufjan Stevens réaliser un film ainsi que sa bande son, en forme d'hommage à l'autoroute portant le titre de l'album. Le tout pour un projet difficilement classable, qui se laisse regarder comme un long clip arty de 50 minutes avec son écran divisé en 3 et ses images de routes et de villes, entrecoupées de séquences de majorettes, conférant à l'ensemble un objet qui mériterait d'être projeté dans les galeries et les musées. La musique habillant l'ensemble prouve que en plus d'être un songwritter émérite, Sufjan Stevens est aussi un arrangeur et un compositeur pour orchestre fort talentueux, capable d'écrire pour 25 musiciens.

Sur le second album, Run Rabbit Run, Sufjan Stevens étonne une fois de plus, revisitant son album électronique Enjoy Your Rabbit (sorti en 2001) par le biais du quatuor à cordes Osso. L'exercice de style est une nouvelle fois au rendez-vous. Ses morceaux originaux prennent ici une nouvelle direction tout en gardant, une certaine forme d'hermétisme qui caractérisait déjà l'oeuvre de base, jetant les ponts entre classicisme et modernité.

Deux disques qui devraient surprendre les inconditionnels de Sufjan Stevens, qui attendent de le voir donner un successeur au fabuleux Comme On Feel The Illinoise, mais entrouvrent les portes d'un compositeur surdoué capable de jouer dans les diverses cours de la Musique. Fortement conseillé.

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