Avis à tous ceux qui aiment le funk/soul « classique » et connaissent déjà par cœur leur discothèque : The Empire strikes back grâce à Uptown Funk Empire ! Cet album est le fruit d’un véritable artisan, un travail comparable à celui d’un restaurateur de monuments historiques dont tout le talent consiste à redonner un nouvel éclat à la matière première sur laquelle il concentre son art sans jamais la dénaturer, pour que les générations futures puissent l’admirer encore de longues années après son édification.
Le lyonnais Bruno "Patchworks"Hovart semble avoir autant d’alias que d’horizons musicaux investigués avec, ce qui fait son identité, toujours un grand talent. Pour vous donner un avant-goût cartographique de sa créativité "multi-schizophrène" qui ne peut exister qu’en l’absence de restrictions ou de directions données, nous établirons une liste non exhaustive mais tout de même globale de ses nombreuses personnalités que nous vous invitons, si ce n’est déjà le cas, à découvrir : A son projet principal, à dominance « deep (disco) house » infusée dans le Rare Groove & Soul, qui l’a fait connaître en tant que ‘Patchworks’(etles Ginger Xpress) et à son projet studio, en forme d’anagramme, ‘Porks watch’, qui puise toujours dans le deep disco mais avec une orientation plus électro (©Q-tape), il faut ajouter sa facette plus « Detroit style »  assumée sous le nomCinnamone’dans le cadre de ses productions pour le label Superhuit, ou sa facette soul lorsque Dr. Hovart devient ‘Mr. President’… Et encore, ce ne sont que ses alias personnels car il touche avec ‘The Dynamics’ une scène rocksteady et soulful dub et avec ‘Metropolitan Jazz Affair’ (dont le LP en 2003 a connu un succès prononcé) la scène jazz, sans parler de ‘Evergreen’(dont aucune sortie n’en est issue) qui visait avec son comparse Mr. Day une facette plus pop « whitey » et 60’s. Mais aujourd’hui, nous n’évoquerons aucun de ces projets puisqu’il s’agit de nous concentrer sur son dernier projet en date: ‘Uptown Funk Empire’,.
 
Pour celui-ci, le producteur multi-instrumentiste a su stratifier en un ensemble d’une qualité irréprochable le meilleur des qualités instrumentales d’artistes des années 70. Ici, les influences, évidentes, se mêlent entre elles comme un bœuf surréaliste entre les légendes du genre, faisant ainsi peau (réellement) neuve des vibrations chaleureuses et rondelettes de ce groove si cher à nos cœurs. Par exemple, si « N.O.W. » porté par la voix du talentueux Juan Rozoff (dont le prochain album est prévu pour le mois de novembre ©Underdog Records) pourrait facilement être qualifié de Mayfildien, ou si « You've got to have Freedom » (ici en live), avec les vocalises fabuleuses et scattées de Janice et de la puissante Ange, va pêcher du côté des Earth, Wind & Fire, il ne s’agit que de spectres planant dans l’esprit et non de resucées. Aussi, nous noterons la présence du Real Fake MC de Jersey qui nous offre en intro, interlude et outro un spoken word digne de Abiodun Oyewole des Last Poets ou d’un de leurs proches, Kamau Daarood. Par conséquent, au vu des influences ici notées, vous ne serez pas déroutés en lisant celles citées sur le myspace d’Uptown Funk Empire (case qui, enfin, prend toute son sens). Et les filiations pourraient ainsi se faire et se défaire au fil de l’écoute de ce petit bijou dont l’écoute en boucle est presque pavlovienne. Mais le mieux reste encore de vous laisser « digger » dans vos références ce à quoi chacune des réussites musicales de l’album vous fait penser. Par souci d’équité, nous n’achèverons cependant pas cette chronique sans évoquer les autres featuring de l’album, à savoir JRM dont la voix rappelle la tessiture de Rick James et l’anglais Noel Mc Koy qui nous offre le titre le plus « acid jazz » de l’album, avec « No one gonna stop us now ». Un seul mot d’ordre : A vos Platines !
 
 Arnaud  Sorel pour 90bpm.com
 
Tracklisting:
[01] The Empire Strikes Back Intro
[02] Boogie
[03] N.O.W (feat. Juan Rozoff)
[04] We Stand at the Back of the Bus (feat. Janice & Ange)
[05] You've Got to Have Freedom (feat. Janice & Ange)
[06] Keep on Givin' it Up
[07] No One Gonna Stop Us Now (feat. Noel Mc Koy)
[08] Take you Out (Interlude)
[09] I'm a Manchild
[10] I Guess That you Don't Mind (feat. JRM)
[11] Celestial Blues (feat. Ange)
[12] Please Mr. Postman
[13] Walkin Like the Ginger
[14]Good Time (Bye Bye Mr Dynamite)
[15] I Used to Spend my Time (feat. Bruno Patchworks Hovart)
[16] The Empire Strikes Back Outro