Si le retour de la House agresse mes petites oreilles à jamais réfractaires à ce genre putassier (à de rares exceptions près), il n'en va pas de même avec la techno ou la minimal qui continuent, bon an mal an, à révéler des artistes encore capables de sortir des disques dignes de ce nom. Car si la scène électronique semble se mordre la queue, malgré tout l'amour que je lui porte, ils sont de moins en moins à satisfaire mes tympans sur la longueur d'un disque. Pourtant l'allemand Martin Stimming, inconnu du plus grand nombre jusqu'à ce premier opus, offre aux amoureux du genre, 12 titres à la délicatesse charnelle et aux kicks à la nervosité langoureuse. Les arrangements empruntent à l'instrumentation classique, piano, guitare,  harmonica, le tout enrobé d'une touche dubby… offrant à chacun de ses morceaux une couleur spécifique à l'homogénéité stupéfiante. Il y a du Minilogue, Gabriel Ananda et du Richie Hawtin dans sa musique squelettique, où l'espace et le silence sont des ingrédients à part entière. Reflections est un album de groove blanc sans baisse de niveau qui mériterait de toucher le plus grand nombre, initiés comme néophytes. Très fortement recommandé.

Roland Torres  

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