Le brésilien Gui Boratto découvert via son premier album Chromophobia, véritable chef-d'oeuvre de minimal techno, revient deux ans après avec son très attendu successeur Take My Breath Away. Si son approche minimal reste résolument de mise, sur montées de synthés mélodiques, on reste malgré tout un peu sur sa faim. Difficile de donner une suite à un premier opus qui restera dans les annales. Avec Take My Breat Away, Gui Boratto s'enfonce dans une musique mentale et douce où la recherche mélodique tient le haut du panier, intégrant voix et guitares, avec une volonté de ne pas se répéter. mais le problème et il est de taille, c'est qu'on a un peu l'impression que Gui Boratto se perd en route à vouloir donner une unité à l'ensemble, avec des tracks oscillant autour des 7 minutes où les bonnes idée ne sont pas forcément exploitées ou poussées jusqu'au bout. On pense par exemple à Atomic Soda, qui part en vrille pour notre plus grand bonheur, en plein milieu, avec ses secousses distordues pour revenir à une techno oldschool tout droit sorti d'un Berlin des années 90. Encensé partout par la presse, ce nouvel album de Gui Boratto ennuie sur la longueur à trop vouloir nous entrainer sur les rivages du joli qui vire parfois au kitsh, il n'y a qu'à écouter les arrangements de Colors et vous comprendrez. Grand album ? Non. C'est donc avec impatience que l'on attendra le troisième album, en espérant qu'il retrouvera le coté mordant qui fait cruellement défaut à celui-ci. Quand aux amateurs de douceurs ils trouveront de quoi satisfaire leurs oreilles.

Roland Torres

Site : www.myspace.com/guiboratto  / www.guiboratto.com.br 

Morceau en écoute "Take My Breath Away" :