Dans la série, album minimal déviant qui dynamite la tronche, je demande Louderbach, derrière lequel se cachent le producteur berlinois Troy Pierce et le chanteur californien Gibby Miller pour une virée sur les terres sombres d'une electro new wave qui prend aux tripes de manière quasi hypnotique. Lorsqu'on parle de dépouillement, il est ici poussé jusqu'à son extrême, ne laissant s'échapper que les os d'un squelette musical aux fluctuations romantiques marécageuses, appuyées par la voix martiale de Gibby Miller. La force de cet album réside dans le fait qu'il dégage un climat tout à fait propre, jouant avec les spectres et les fantômes, les invitant à la table d'apparitions sensuelles. Autumn électrise l'espace, envoyant ses basses rondes à la recherche des moindre parties de notre cortex, le poussant à nous déboiter le bas des reins avec une rugosité sexy. Les synthés dispersent leur aura magnétique sur des tapis de vibrations urbaines, projetant les affres de la new wave dans les tourments de notre quotidien. Louderbach convoque Joy Division à la table de la contemporanéité, jouant à flirter avec les mêmes frontières sensitives, le corps puissament projeté vers une nébuleuse aux lumières claires/obscures, poisseuses et vénéneuses. Très fortement recommandé.

Roland Torres 

Site : www.myspace.com/louderbach 

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