Tubesque ! Voilà, en un mot résumant, comment présenter le premier album en solo de Freddy McQuinn, Exile on Brick Lane. Empruntant son nom à cette rue historique de l’est londonien, connue notamment pour sa population cosmopolite et ses clubs, ce projet bien nommé nous emmène dans une diversité d’ambiances, une richesse musicale qui trouve son unité dans son esprit pop, festif et « groovy ».

J’imagine aisément que, malgré ses collaborations avec de nombreux talentueux artistes tels que Keziah Jones, Sandra N’Kake, -M-, Juan Rozoff, Julien Loureau, Bugz in the Attic, Tony Allen… pour ne citer qu’eux, Freddy McQuinn vous est encore peu connu. Pourtant, à la seule écoute de son album, vous comprendrez qu’il s’agit déjà bien d’un artiste confirmé. Les nombreuses soirées qu’il a animées en compagnie de son comparse Dj Simbad, en tant que Marathon Men, dans les clubs londoniens – parmi lesquels nous citerons évidemment le Vibe Bar (sur Brick Lane justement) où, durant presque six ans, leurs soirées Je ne sais quoi résonnaient d’une house teintée de soul, funk et de sonorités hip-hop – ne sont d’ailleurs certainement pas étrangères à la composition très « live » et à l’énergie communicative qui constituent le socle de cet album. Par ailleurs, cela vous achèvera de vous convaincre que, lorsque ce parisien d’origine nous propose un exil sur Brick Lane, il sait de quoi il parle.

Et ses mélodies le prouvent : une véritable mosaïque de sons urbains tout de pop habillés, couronnés d’un groove indéfectible et d’une verve alliant ironie et sincérité. Aussi, oscillant entre rock (« Island »), jazz (le vibrant « Chasing Rainbows ») et funky groove (dont l’irrésistible « Sex Obsession » ou bien « Superstar », un brin disco), Freddy McQuinn parvient avec brio à éviter la grossière caricature du patchwork en effectuant son voyage avec harmonie… et même avec classe, pourrions nous dire. Pour exemple, sachez que l’artwork du disque, tout aussi subtil que la musique qu’il orne, est à mettre au crédit des graphistes de H5 (à qui l’on doit déjà les covers de Air, Alex Gopher, Gasoline, Etienne de Crecy, Demon,…). La subtilité provient de cet alliage graphique de l’aspect vintage du fond, propre à l’encre de l’imprimerie qui a déteint et de la référence à l’ère du numérique que son visage, semblant numérisé à l’heure du minitel, évoque : Une illustration parfaite d’un savoir-faire électro indubitable (« All Over ») s’inscrivant dans des racines musicales plus historiques, cherchant tantôt dans les vibrations soul (« Struggle ») et tantôt dans les rythmes afro-caribéens (« Sea Side Break »)… D’ailleurs, « Sixteen Pints » (diffusé sur Nova) comporte par moments des échos d’Omar Sosa, ce qui est en soi de notre point de vue une performance.
Seul le titre « Bitch » vous offrira une courte pause, tout autant qualitative et originale, dans le déhanché pavlovien que sa musique provoque. Un disque à prescrire pour lutter contre les coups de mou, chez soi ou en soirée !

Tracklisting :

[01] Sixteen Pints
[02] Sex Obsession
[03] Island
[04] Chasing Rainbows
[05] Superstar
[06] Bitch
[07] Vibe (interlude)
[08] Party, Party, Party
[09] Struggle
[10] Sea Side Break
[11] All Over
[12] Brick Lane (interlude)

Site : http://www.myspace.com/freddymcquinn