Si les lapins portant des chapeaux haut de forme courent sur les chemins tortueux d’Alice au Pays des Merveilles, Rone lui, emprunte les sentiers de la délicatesse suspendue au dessus de nos têtes, à l’image de ces nuages transparents, signes avant coureur du beau temps à venir. Avec son premier album Spanish Breakfast (dont on cherche encore le sens), le jeune parisien Erwan Castex aka Rone nous convie à plonger tous nos sens dans un bain moelleux de kicks dansants aux accointances proches d’un Efdemin ou Pantha du Prince, voir même Trentemoller, avec qui il partage le même goût pour les sonorités à la chaleur organique sur production électronique. Le sommet de cet album est sans aucun doute La Dame Blanche avec son orgue d’église aux montées mystiques enrobées d’un sax aux pulsations névralgiques, le tout appuyé par un beat techno pur et dur comme on en entend plus depuis bien longtemps. Spanish Breakfast bien qu’influencé par une certaine partie de la scène minimale possède ce qu’il faut de grâce, de personnalité et de travail léché sur les ambiances, pour que l’on s’y attarde vraiment, le temps d’apprécier les compositions d’orfèvre, d’un jeune talent en devenir avec lequel on devrait compter dans les mois à venir.

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