Attention ceci est une chronique au sujet d'un album de jazz, loin des sentiers de la musique sévissant dans les lieux banchés ou autres dancefloors. Ici il est question de rencontre avec la musicalité repoussée dans ses derniers retranchements, où les notes et les rythmes cherchent encore et toujours, la meilleure façon de tournoyer en flirtant avec les dissonances de manière physique pour nous entrainer vers des sphères qui font appel aussi bien à l'intellect qu'à la partie charnelle de notre enveloppe corporelle. Avec Empirical, quintet sensationnel en passe de devenir l'une des formations jazz majeures de cette année 2008 (ils ont remporté le European Jazz Competition), il y a une certaine dose de Dexter Gordon pour le groove insidieux marié à la quête existentielle d'un John Coltrane tutoyant les cimes aux cotés d'un Miles, période sixties. Empirical élabore un jazz de facture classique, appliquant les codes du genre pour mieux les dépoussiérer et en jouer, à l'image de la fantastique reprise du track de Ali Farka Touré, Tulumba, véritable incursion sur les terres d'un jazz folk ethnique trépidant, hanté par les racines d'une animalité racée. Produit par le grandissime Courtney Pine, ce premier album de Empirical pose les bases d'un jazz en osmose avec son époque qui ne cherche pas à renier coute que coute ses racines.

Tracklisting:

Blessing
Tulumba
A Tyrant's Tale
Clapton Willow
The Deep
Kite
Fat Cat
Palantir
Dark Lady

www.myspace.com/empiricalmusic