Nouvelle signature chez Warp, l’américain Steven Ellison aka Flying Lotus s’est fait remarquer, à la fin de l’année dernière avec un maxi qui laissait augurer de son univers, entre hip hop soul profond et envoutant, expérimentations noisy, trip hop glitchien, craquements vinyliques, percussions brumeuses… On pourrait presque avoir tout dit, à travers ces quelques qualificatifs, des qualités de cet artiste hors format, qui semble prendre un malin plaisir à cacher sa musique derrière des montagnes d’effets perturbateurs, qui au fil des écoutes dévoilent toute leur importance au sein de sa création. Difficile de définir la musique de Flying Lotus sans être réducteur. Comment qualifier cet objet sonore qui renvoie à ce que la musique a de plus précieux : la Liberté? Los Angeles renvoie aux fantômes que pourchassent beaucoup, sans même les entrevoir, alors que Flying Lotus les côtoie et leur offre une tribune, une porte d’ouverture entre le notre et le leur, un passage vers un no man’s land aux racines enfouies dans l’histoire d’une humanité rongée par ses propres démons. Les tracks se succèdent définissant les frontières d’un univers qui n’en a pas, déployant des couches de douceur psychédélique sous des strates de rugosité hypnotiques, convoquant le dubstep et le jazz à côtoyer les sphères de l’expérimentation stellaire, vidant la soul de ses poncifs pour la rhabiller d’un manteau de noirceur urbaine emblématique d’un monde asphyxié. Flying Lotus signe avec Los Angeles, un de ces albums majeurs qu’il faut apprendre à maitriser pour ne pas sombrer avec lui dans la démence de la perfection, inscrivant son nom dans le panthéon des artistes qui comptent.

Roland Torres pour 90bpm

 
 
Tracklisting :
 
Brainfeeder
Breathe Something / Stellar Star
Beginners falafel
Camel
Melt !
Comet Course
Orbit 405
Golden Diva
Riot
GNG BNG
Parisian Goldfish
Sleepy Dinosaur
RobertaFlack
Sexslaveship
Auntie’s Harp
Testament
Auntie’s Lock / Infinitum