Bling par ci, Bling par là, aujourd'hui tout le monde veut être « Bling-Bling », et même notre président porte fièrement l'étendard du clinquant, avec ses yachts, ses rolex, ses cigares et le reste. Sauf qu'il faut rendre à César ce qui appartient à Bryan « Baby Birdman » Williams, co-fondateur (avec son frère Ronald Williams) du label Cash Money Records. Parce que le roi du bling-bling, le roi de la flambe, de la racontade tous azimuts, c'est lui. Depuis longtemps (le label fut crée au début des années 90) et pour longtemps. Faut dire qu'il a un meilleur flow et des meilleures instru que le petit Nicolas. De toute façon, Nicolas n'est pas né dans un ghetto de la Nouvelle Orléans. Nicolas n'est pas un rappeur sudiste c'est aussi simple que ça et du coup quand il se la raconte tout le monde trouve ça ridicule. En revanche quand Birdman s'y colle, on en redemande.

Birdman incarne tout ce que les défenseurs d'un Hip Hop conscient, militant et engagé détestent. Le fric, les putes, le matérialisme le plus délirant (Baby possède un nombre incalculable de voitures, entre autre…). Birdman vit pour le cash. Et le bon son. Parce qu'avoir un grill en diamants, des chaînes hors de prix qui traînent par terre, rouler dans des grosses cylindrées et en être fier ne l'a jamais empêché de faire du vrai bon rap qu'on se le dise. Et c'est comme ça que Baby, mentor et père de substitution de Lil'Wayne faut-il le rappeler (l'album commun "Like father, like son" était là pour le prouver), nous revient après « The #1 Stunna » et « Fast Money » avec un 3è album solo « 5 Star Stunna ». Les deux premiers sont très très loin d'être mauvais bien au contraire et celui-ci encore une fois est une bonne tuerie, dans son genre. Gros sons, bonne prestation du Birdman, de bons featuring qui évitent le surnombre. Lil'Wayne présent sur plusieurs titres évidemment, jouant toujours et encore de sa voix quasi-surnaturelle (entre le cassé et le castra). Alors, oui, bien sûr, ça flambe, ça exhibe, ça plonge à pieds joints dans le grand bain de l'outrance. On peut trouver ça drôle, fondamentalement crétin, burlesque ou plus malin que ça en à l'air. Mais ce qui est sur c'est que la musique est bonne et quand la musique est bonne, comme dirait Jean-Jacques, et bien il faut en profiter.

Cash Money Records est un des plus ancien et des plus prospère label de rap dirty south pur sucre. Si Lil'Wayne et Juvenile (qui fut longtemps la star du label), sont deux têtes d'affiche connues du grand public, ayons conscience qu'un type comme Birdman, par son sens du business et l'énergie qu'il a consacrée au développement de cette musique est une personnalité importante du rap game made in USA version sudiste avec ce qu'il a de plus outrancier, d'hallucinant et de misérable. Tout cela ne vient pas de nul part, la culture Hip Hop a des racines profondes et complexes qu'il faut savoir mettre en perspective avec le rap d'un mec comme Birdman pour l'apprécier à sa juste valeur. Les plus curieux le savent…(d'ailleurs je profite de cette envolée lyrique pour conseiller la lecture de l'excellent « Triksta » de Nik Cohn à ceux que le Hip Hop de la Nouvelle Orléans passionne – authentique et facsinante immersion dans le microcosme dirty de cette cité américano-franco-cajun).

Aller, je vais briquer mes jantes en or massif en fumant un gros blunt et puis après j'irai chez mon tatoueur préféré pour qu'il recouvre le peu de peau encore vierge qu'il me reste avant de pouvoir enfin me laisser aller entre les cuisses de quelques hoes et je me rendrai compte que tout ça ferait un bon rap. D'ailleurs faut que j'appelle ce bon vieux bâtard de Mannie Fresh ( mais si, l'ex-beatmaker exclusif du label et vrai dépositaire du son south, absent de cet album en l'occurence). Believe Dat !!!

Moïse « The Dude » pour 90 bpm.