Comment parler d'un disque moyen sans farcir son propos de contradictions du genre: "Cet album est sympa mais…" ou "Cet album n'est pas terrible mais…". Certes le "Writer's Block 5" de JR Writer, ne mérite pas autant de questions (mais cette problématique se représentera n'en doutons pas).
Constatons simplement que le rappeur à du flow, une belle présence et une poignée de bonnes phases. Constatons également que les prods de ce projet-ci sont à tendance fade mais pas désagréables. Bon, c'est du Dipset quoi. C'est à dire que ces types là n'ont pas révolutionné le rap mais ont leur petit truc à eux. Mélange de sons qui pourraient tout aussi bien figurer sur un album sudiste de base et de sons plus "New York shit" sans non plus qu'on ait des beats à la Primo avec boucle de piano et refrains scratchés. Les hommes du Dipset ne sont pas ceux qui feront revivre aux plus nostalgiques les belles heures du rap made in côte est des années 90.
Ce "Writer's Block" cinquième du nom ne souffre d'aucune vraie faute de goût, c'est juste que…ce n'est pas une folie, rien de nouveau sous le soleil de la grosse pomme et l'intérêt s'en trouve limité. Un bon point : le tout s'enchaîne rapidement sans ennuyer grâce à quelques morceaux courts qui ne lassent pas, donc.
L'ambiance ? Ah oui l'ambiance. Ghetto bien sûr. Ce n'est pas franchement un marrant le JR. Egotrip, bling et bang, il n'y a qu'à voir les photos du livret, liasses et flingue; normal. Tradition quand tu nous tiens. La prestation du MC reste malgré tout le principal intérêt du disque. "What else ?" comme dirait Georges. On apprécie sans sauter au plafond et on oublie assez vite. Le genre de disque qu'on écoute deux ou trois fois et qu'on range pour ne plus le ressortir ou presque.
Il y a certainement mieux à se procurer en ce moment. 

Moïse (The Dude) pour 90bpm.

Tout de  même pas mal :
"Heavy Jewels"
"Where You at"
"You ain't know"

Post Chronicum :
Pour les plus étrangers à la Dipset attitude, je me permettrais de conseiller plus vivement les albums de Jim Jones ("Harlem Diary of a Summer" ou "P.O.M.E.,  Product of my environment"), vraiment trippants, ou à la limite ceux de Juelz Santana ("What's the game been missing"). Pas les rappeurs de la décennie mais des personnages plutôt charismatiques sur des prods un poil plus variées et créatives.