Qui dit Jay-Z, dit business. Et musique un peu aussi. Sauf que que cet « American Gangster » est d’abord une idée marketing, puisqu’il s'agit de la bande inspirée du film éponyme. Ceci dit, l'oeuvre de Môsieur Ridley Scott étant particulièrement réussie, on la rangera bientôt à côté des grands films «  à la Scarface » dans les dvdéthèques. Alors, qu'a bien pu en ressortir le nabab du rap US ?

Notons qu'un tiers des titres est produit par Diddy et ses hitmen, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle. Ni une mauvaise d'ailleurs, après tout nous devons le respect éternel à Puffy pour nous avoir donné à entendre le vrai king de New-York (vous savez très bien qui).
Ni très bonnes ni très mauvaises sont justement les prods des hitmen qui ne portent pas, pour le coup, très bien leur nom. Le reste étant plus ou moins bien assuré par Just Blaze, les Neptunes (très petite forme), et Jermaine Dupri (qui fait plaisir, lui) pour ce qui est des grands noms.

Troisième, quatrième écoute, et l'album consent à se laisser apprécier à sa plus juste valeur. Il reste toujours un peu ennuyeux, mais tel ou tel titre s'avère "sympa quand même".  Ce qui relie le plus l'album au film dont il se réclame (qui se déroule surtout dans les 70's) réside dans les teintes clairement soul/funk des productions. C'est d'ailleurs là que la bande à Diddy réussit le mieux son coup, mais sans donner de morceaux franchement marquants. Comprennons-nous bien : ce n'est pas "The Blueprint". Les extraits de dialogues aussi, rappellent que cet album ne sort pas de nul part.

Bien sûr Jay-Z nous donne des textes en rapport, mais au fond, l'univers mafia/deal/argent/autocélébration/flics/réussite (et chute)/mélange d'introspection et de grandiloquence etc etc…n'est-ce pas la base de son rap ? (Cette considération en appelant une autre : l'aspect marketing du projet qui du coup prend le pas sur le concept).

Comme toujours son flow est très au point et permet de faire mouche. Mais le parallèle est presque trop facile entre le personnage joué par Denzel Washington et Shawn Carter. Tous les deux sont partis de rien et arrivés à tout, à la différence près que Def Jam n'est pas une entreprise de distribution de cocaïne et que Jay fait beaucoup d'argent…"propre". Aussi propre que cet album un peu trop léché, trop lissé pour pouvoir flirter avec l'âme véritable de la vraie "soul", mais Diddy n'est pas RZA et Jigga n'est plus un jeune premier (et n'est pas non plus un vieux crooner qui enveloppe l'auditoire de la chaleur d'un filet de voix brisée).
L'ami Shawn campe sur ses acquis au risque de nous fournir comme ici une sortie juste correcte mais loin d'être inoubliable.

Moïse (The Dude) pour 90bpm

Favoris : 
Say Hello
Fallin’
Blue Magic