Il y a dans le petit monde du rap français des sorties qui de temps en temps secouent plus qu'à l'accoutumé, à faire se déboulonner la tête à force de se la bouger sur ses épaules. James Delleck nous offre avec son Cri Du papillon une occasion en or de sortir de notre torpeur. Les amateurs de son un rien « alternatif » s’y retrouveront pleinement et auront de quoi alimenter leur discothèque avec une galette et pas des moindres.

Après de multiples projets aux seins de divers collectifs, (Gravité Zéro, Klub Des 7, L'Atelier) ou avec des sorties solo comme Acouphène, voir des participations à des mix tapes, (l'Antre de la Folie reste une référence et une cassure complète) James Delleck nous revient avec un album des plus étonnant tant sur les prod' que sur l'écriture. Il faut admettre que la plume qui l'anime est tellement vivante, à la fois torturée et pleines de vie, ironique et métaphorique. Elle sait nous entrainer dans son monde sans aucune difficulté alors qu'elle demeure complexe comme sur "Sonate pour une gouttelette", "Le réverbère", ou "Personne". Son écriture est soignée et les thèmes abordés sont à la fois introspectifs et souvent mêlés de dérisions comme il nous à déjà habitué sur ses précédentes sorties. Sans aller dans l'excès d'une introspection qui peut-être bancale chez d'autres rappeurs, James nous fait d'une certaine manière ressentir sont besoin de créer images et métaphores, juste avec une pensée des plus quotidienne. Cela à tendance à nous faire rentrer dans le jeu de notre propre introspection. Même dans la dérision de titres tels que "Le profil psychologique" ou "Gérard de Roubaix", on reste à fond dans son univers. C'est encore plus accessible qu'il est à l'origine de toutes les productions de cet album, donnant un côté personnel encore plus renforcé. Tout au long de ces 14 titres, James nous fait également grâce de quelques interludes instrumentaux des plus fameuses. Un son alternatif aux forts relents d'électronique. Un électronique doux, enivrant qui sait à certains moment être plus dur, plus agressif. Quelques instruments apparaissent par moment pour renforcer le tout. Violoncelle, guitare, batterie et autres claviers sur différents titres. Pensez à laisser tourner le son après "J'ai appris" et laissez vous bercer. Les habitués de James ne s'étonneront pas de retrouver Dj Detect aux platines durant la plupart des tracks de l’album, et l'alchimie se dégageant de ces deux là fait mouche plus d'une fois, notamment sur "Ainsi soit-il".

Bref, le natif d'Ivry sur Seine nous livre ici un album des plus matures où son flow, ses productions et son écriture ne peuvent pas laisser indifférent. Il persévère dans un sens qui lui est propre et on s’y engouffre à ses côtés avec plaisir. Vivement le prochain… .

Morceaux favoris:
"Le réverbère"
"J'ai appris"
"Personne"

Yann