Une bonne poignée de mixtapes, de singles, de featurings, de collaborations, et la sortie d'un troisième album, Wiley depuis son adolescence n'a jamais eu le temps de souffler. Ce pionner de la scène grime britannique avait annoncé début janvier lors d'une interview qu'il prenait une retraite anticipée. Syndrome Jay-Z ? Qui sait.

Alors qu'il n'a que 28 ans, Richard K. Cowie (a.k.a Wiley dit aussi l'eski-boy) décide de se retirer de la scène grime. « Je suis fatigué. Je veux un futur. » Disait t'il. Pourtant, loin de toute tristesse, Wiley n'a pas totalement coupé les ponts avec la scène underground. En effet, quelques temps après avoir tiré sa révérence, il affirmait qu'il se sentait au meilleur de lui-même. C'est de ce sentiment qu'il fonde le label indépendant: Eskibeat Recordings. Ce label dont l'objectif premier est de prôner les futurs jeunes talents de la scène grime UK regroupe actuellement Wiley (évidemment!), Natz2Nice, Maniac, Snoopy, Chipmunk, et quelques autres. Rassurant donc!

Depuis son adolescence, Wiley n'a jamais arrêté. Il fait ses premiers pas avec The Pay As You Go Cartel où il découvre l'univers underground du hip hop UK et prend de là une certaine assurance. Il fonde le Roll Deep Crew grâce il atteint une certaine reconnaissance. D'ailleurs, il ne sera pas trop de dire que le premier album du Crew atteint de très bons résultats au top 40 UK, et sera même récompensé du disque d'argent.
Mise à part ces nombreuses collaborations comme par exemple celle sur l'album «Nicole's Groove» de Phaze One, Wiley travaille en solo. Il sort son premier album «Treddin' on Thin Ice » chez le label XL Recordings qu'il abandonne pour Big Dada Recording lors de la signature de son troisième album.

C'est alors chez Big Dada (TTC et Spank Rock en autres) que Wiley sort son troisième album : Playtime is Over. Pour un album annoncé comme le dernier, Wiley souhaitait probablement profiter de la notoriété de ce label pour promouvoir au mieux son dernier ouvrage personnel. Playtime is Over, c'est 15 titres. Quinze titres fracassants. C'est du Wiley, du très bon Wiley. Autant dire que ce garçon n'a jamais perdu le talent des deux précedents albums On retrouve toujours cette alchimie explosive d'hip-hop, de dancehall et de pop que Wiley nomme l'eski-beat (variante plus minimaliste du grime). Toujours sur le même ton que ces anciens albums, l'eski-boy a néanmoins été travaillé avec plus de profondeur. Très dansant pour la plupart de ces titres, on retrouve tout de même quelques morceaux aux sonorités plus mélancoliques, plus tristes. Ça reste surprenant. Respectant très bien ces morceaux, le flow de Wiley se pose autant sur des instrus plus posées que sur des instrus plus tumultueuses. Sa voix s'adapte, et ne perd aucunement son charme et sa force. C'est là que l'on comprend comment il a su se démarquer des autres. Cet album stimule l'envie de secouer sa tête, de pourfendre l'air avec sa main sur le rythme du beat. Que dis-je, de l'eski-beat !

Si je peux vous conseiller quelques titres pour découvrir véritablement l'artiste, je vous parlerais de 3 titres de son dernier album : Bow E3, Stars, et Nothing About Me. C'est trois titres sont à mon sens, ceux qui représentent le mieux Wiley, son eski-beat, et le travail qu'il a fait tout au long de sa carrière.

Brice pour 90bpm.com