Pour les grands amateurs de bon son US, inutile de présenter Declaime (le rappeur) et J Rawls (le beatmaker). Pour les autres, on dira juste que Declaime, habitué de l'écurie californienne Stonesthrow, label de Madlib, Peanut Butter Wolf et consors, est un excellent rappeur, sensible et plein de finesse, doublé d'un crooner farfelu sous le nom de Dudley Perkins, auteur sous ces deux étiquettes de quelques albums pour la plupart très réussis. (le magnifique "Conversations with Dudley" par exemple). J Rawls est tout simplement le metteur en son des Lone Catalysts. Les deux hommes se sont rencontrés semble-t-il à l'occasion des projets "Superrappin'". Et ils nous reviennent associés en tant que Dank et Jammy, pour nous mettre entre les oreilles ce "It's the Dank & Jammy Show".

Le vol est court (un peu plus de 36 minutes décollage compris) mais agréable, bercé que nous sommes par la voix tantôt chantante tantôt rappeuse de l'ami Declaime/Dudley, les deux facettes se mélangeant ici alors qu'elles sont distinctes habituellement sur les différents projets du bonhomme. Epaulé le temps de ce vol par les instrus fines et classes de J Rawls dans un esprit soul/jazz. Le genre de son qui sied bien au rappeur/chanteur puisque pas si éloigné finalement des prod. d'un Madlib ou de son brother Oh No, sur lesquelles Declaime a l'habitude de se poser, le brin de folie des deux frères en moins peut-être. Le Dank & Jammy Show s'écoute allongé, la tête dans les nuages seul ou bien accompagné, sous un rayon de soleil couchant de préférence, comme sur la pochette. Se concentrant sur les lyrics rarement futiles et le flow maîtrisé du MC posé et groovy. On passe allègrement d'ambiances plutôt funky "It's the Dank & Jammy Show" ou encore "Club Joint" à des ambiances plus street et mélancoliques "Chosen" feat. Holmskillit ou "Revolution" feat. C Mills. S'il n'y a pas de titre qui ressorte vraiment du lot, on réécoutera l'ensemble avec plaisir après une première approche.

Le tout est cohérent grâce aux sons de très bon goût de J Rawls, qui malgré tout sont presque un peu trop légers pour laisser une impression vraiment durable, ce qui fait que ce disque plutôt réussi, risque néanmoins de faire parti de ceux qu'on ressort de temps en temps en se disant "ah mais oui, c'est pourtant vrai qu'il est bien cet album" avant de le recaser entre deux autres albums de Declaime pour le ressortir quelques mois plus tard en s'étonnant encore une fois de la qualité du son et en se demandant pourquoi on ne l'écoute pas plus
souvent.

Best cuts
Love Light
One Million Ways
Revolution feat. C Mills

Moïse pour  90bpm.