On dit souvent que Young Buck est le meilleur élément du crew G-Unit. Son premier album plutôt bien ficelé, "Straight Outta Cashville", en tout cas nous portait à le croire, comparé aux efforts de ses camarades Lloyd Banks et Tony Yayo. 50 Cent étant un cas à part. Young Buck revient confirmer cette bonne impression avec un deuxième album,
titré "Buck The World". C'est un album partagé entre les influences sudistes du rappeur qui représente la branche dirty south du G-Unit (tâche partagée désormais par Lil'Scrappy) et des sons plus "G-Unit". On passe de l'un à l'autre sans que cela soit choquant bien au contraire puisque Young Buck est à l'aise partout et son flow déjà percutant sur le premier album est ici toujours au point.

Parmi les titres plus dirty, on retiendra le morceau d'ouverture « Push'em back» sombre et massif, il donne le ton général de l'opus. Suivi de « Say it to my face » feat. les vieux briscards 8Ball & MJG et un Bun B en forme. A retenir également le titre  « Get Buck », produit par Polow Da Don, un beatmaker qui devrait faire parler de lui (présent pour quelques titres sur l'album du jeune Rich Boy), et le morceau « Puff Puff Pass » feat. Kymani Marley qui en profite pour mentionner son illustre père, et c'est bien naturel…Signalons tout de même que Young Buck est accompagné de poids lourds du sud comme Young Jeezy, deux fois, sur « Pocket Full of Paper » et « 4 Kings », sur ce dernier figurent aussi T.I. et Pimp C (l'autre moitié de UGK avec Bun B). Le titre « Money Good » bénéficie d'une prod de Lil'Jon…qui fait du Lil'Jon !

En ce qui concerne les titres au sonorités plus conformes avec ce à quoi la bande à Fifty nous a habitué, on écoutera avec plaisir « I ain't fucking wit u! » en combinaison avec Snoop (égal à lui même) et Trick Daddy (du bon boulot aussi) sur une prod sympathique d'Hi-Tek. On se souviendra aussi de « Hold On » feat. 50 Cent (qui colle à la musique comme d'habitude et s'occupe du refrain,normal..) sur un beat de Dr Dre aux influences soul/funk puis on passera à «Haters » feat Kokane, un son encore une fois très G-Unit dans l'esprit mais qui s'écoute sans problème. Puis arrive la deuxième prod. de Dre, « U ain't goin nowhere » feat. Latoiya Williams ; une prod qui sans perdre en lourdeur est assez douce. Young Buck est d'ailleurs moins rageur que sur les autres titres, ce qui est loin d'être le cas sur le morceau qui clos l'album « Lose my mind » sur une production puissante mais sans surprise d'Eminem ou Buck livre toute sa
colère.

Le rappeur pose sur l'ensemble une voix grave, charismatique et rageuse qui fait le plus souvent honneur aux productions pour lesquelles il a su s'entourer de quelques talentueux personnages qui signent pour la plupart des beats qu'on apprécie volontiers sans être des tubes absolus pour autant. Pour ce qui est du contenu, bien souvent, le titre donne le ton du morceau, la plupart du temps on sent que ça ne plaisante pas (eh bah oui, G-Unit hein !). Cette deuxième livraison confirme largement les qualités de la première, et paraitraît même sur la longueur plus homogène et cohérente ; en tout cas elle
laisse une impression suffisamment positive à la première écoute pour qu'on ait envie d'y replonger une oreille. Ou les deux.

Morceaux coups de coeur:
« Get Buck »
« U ain't goin nowhere »
"Puff puff pass"  (feat. Kymani Marley)

Moïse pour 90bpm.