Le retour tant attendu d’une icône du rap des années 90. Prodigy la moitié du légendaire duo de Queensbridge Mobb deep revient en solo 7 ans après son premier essai H.N.I.C. estampillé classique.

Ne se contentant pas de un mais de deux albums prévus pour cette année, ce premier opus "Return of the mac"ressemble beaucoup à une mixtape de qualité supérieure. En effet le prodige a fait appel à son ami le producteur Alchemist qui signe ici toutes les instrus de l'album. Critiqué notamment après la signature de Mobb Deep sur le label ultra commercial de 5O Cent, G-Unit et un dernier album peut convaincant, de nombreux détracteurs diront que Pee n'est plus le charismatique MC de NYC et qu'après l'annulation de nombreux concerts, sa maladie le rongeait. Eh bien! "The return of the mac" marque la revanche réussie de Capital P! Pas de son commercial, mais des samples bien soul voir funky avec des beat Old School prouvant que ALC est bien le digne successeur de producteurs comme DJ Premier ou Pete Rock.

Prodigy revient dans la pure tradition de texte à la Mobb Deep c'est-à-dire flow nonchalant et lyrics crus à souhait. Il parle de ce qu'il connaît le mieux; New York et la rue sur des morceaux comme "Return of the mac"initialement "New York shit" qui est un véritable hymne à NYC et "The rotten apple" un des meilleurs morceau de l'opus. Grâce aux instrus poussiéreuse de ALC, le MC part aussi dans des ambiances de gangster digne d'un film de Blaxploitation des années 70 avec "Mac 10 handle"dont le clip le montre dans une chambre sale avec une arme complètement paranoïaque et shooté. L'album sonne très soul et Alchemist n'a pas hésité à sampler Al Green ou Barry White sur des morceaux comme "Nickel and a nail" ou "Stop fronting"rappelant le morceau "Buck 'em down" de Smif n Wessun. Le morceau "Bang on 'em" est une tuerie ou Prodigy dévoile tout son talent de lyriciste tandis que sur "Stuck on you" il parle de ses vices qui sont l'argent, les armes et les femmes sur un refrain soulfull à souhait. Ce disque sorti sur le label Koch, qui est le plus gros label indépendant aux Etats-Unis, ravira également un bon nombre de puriste. Pas de single calibré pour les radios, pas de featuring (un seul invité Un Pacino sur "7th heaven"), mais des vidéos et une pochette d'album travaillé. Seul petite ombre au tableau l'intro et les interludes qui sont inutiles et qui ne servent qu'à rallonger l'ensemble, certes un peu court, mais de qualité.

En conclusion un très bon album sous forme de mixtape à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui permettra sans doute à Prodigy de regagner de nombreux fans avant la sortie de l'album tant attendu qu'est H.N.I.C. 2.

P. Kleim a.k.a. K-lé pour 90bpm.com