A force de repousser la sortie du film et de sa bande originale, les auteurs d'Idlewild n'ont pas cessé d'être la cible de rumeurs sur leur séparation. C'est vrai que Big Boi et Andre 3000 entretiennent la confusion. Après le désormais classique Speakerboxxx/The love below chacun sur une face, ils sont seulement réunis sur quatre morceaux de ce dernier disque.

Les 25 titres forment pourtant un ensemble bien homogène, qui transpire l’ambiance des cabarets de la Nouvelle-Orléans. Revisitée à la sauce Outkast, ça donne un jazz survitaminé. Soul, blues et même country sont aussi à l’honneur. Logique, le film se déroule dans un bar clandestin des années 30. L’histoire du pianiste du club, Percival -Andre 3000- et de son manager Rooster, joué par Big Boi. Idlewild est le nom d’une ville de l'Amérique du nord ségrégationniste. Pourtant, le film n'aborde pas le sujet, laissant toute son importance à la musique. Et ses représentants n’en sont pas des moindres puisque les punks de Fishbone ou encore Macy Gray y font eux aussi une apparition. La chanteuse est d’ailleurs au tracklisting de la BO pour un puissant « greatest show on earth » en duo avec Andre 3000.

Les 25 titres forment pourtant un ensemble bien homogène, qui transpire l’ambiance des cabarets de la Nouvelle-Orléans. Revisitée à la sauce Outkast, ça donne un jazz survitaminé. Soul, blues et même country sont aussi à l’honneur. Logique, le film se déroule dans un bar clandestin des années 30. L’histoire du pianiste du club, Percival -Andre 3000- et de son manager Rooster, joué par Big Boi. Idlewild est le nom d’une ville de l'Amérique du nord ségrégationniste. Pourtant, le film n'aborde pas le sujet, laissant toute son importance à la musique. Et ses représentants n’en sont pas des moindres puisque les punks de Fishbone ou encore Macy Gray y font eux aussi une apparition. La chanteuse est d’ailleurs au tracklisting de la BO pour un puissant « greatest show on earth » en duo avec Andre 3000.

 Si les deux compères d’Atlanta composent, ils ont quand même fait appel pour cet album à d’excellents musiciens. Résultat : des lignes de basse impeccables qui reposent souvent sur la technique du slap et des montées de piano hallucinantes. Il en découle naturellement une dimension très live. C’est le cas du funky « N2U » avec Khujo de Goodie Mob ou du cabaresque « When I look in your eyes ». On flirte même avec le free jazz sur « make no sense at all » qui repose sur un gros son de contrebasse : Bla bla, bla bla ! Le piano et le chant d’Andre s’y tirent la bourre et dans les dernières secondes, l’un des deux finit par capituler. Les deux derniers titres sont quasiment instrumentaux. Le psychédélique « A bad note » donne d'ailleurs une idée de la tournure que peut prendre le film.

Comme de coutume avec Outkast, on a droit à notre quota de beats uptempo. Pour nos deux ATliens, c’est une garantie de quelques bonnes rotations en club. A commencer par leur premier single « Mighty O », une reprise du fameux gimmick du jazzman Cab Calloway sur une prod des Organized Noise. C’est l’un des rares morceaux où Big et Andre partagent le micro, le second nous gratifie même d’un couplet rappé qui nous fait regretter qu’il s’y exécute de moins en moins souvent. Du côté des bonnes surprises, « Idlewild blue », un blues déjanté qui est l’un des titres les plus dancefloor du disque. Les délires plus commerciaux tel « call the law » au refrain très rn’b ou « bugg face » sont réussis musicalement mais lassent très vite. Le peu de morceaux rap perforent, à l’image de « The train », qui nous transporte littéralement ou de « In your dreams » avec Killer Mike et Janelle Monae. Heureusement pour nous, les deux compères se retrouvent sur le morceau le plus hip hop de l'album, « Hollywood Divorce » avec Lil Wayne et Snoop Dogg. L'instru, épuré façon aquiminienne, permet de bien capter les textes. Dans le sien, Andre rentre d'ailleurs sans se forcer dans le rôle de crooner. Quant à Big Boi, sur ce morceau comme sur tous les autres, son flow est encore plus limpide et précis que sur les albums précedents.

Avec "PJ & Rooster", on revient au film et on en apprend un peu plus sur ses deux personnages principaux. A l'écran, Idlewild, s'inscrit dans la tradition des comédies musicales mais les dialogues ne sont pas pour autant chantés à la West side story. Il est sorti la semaine dernière aux Etats-Unis et ne sera malheureusement dans les salles européennes qu'à partir du 6 octobre. Mais après tout peu importe. A l'écoute du disque, les images se bousculent. La musique d'Outkast a cette force qui permet à chacun de voir son propre film. Pour ce qui est de la scène, Andre 3000 ne sera pas de la partie. Il dit en avoir perdu l'envie. Big Boi va donc assurer les shows sans son acolyte, mais avec la plupart des invités de l'album.

Idlewild ne ravira peut être pas les fans des premières heures Hip Hop d'Outkast. Mais il a au moins le mérite de viser un public éclectique et de ne pas être vite digéré. En somme, une promesse de quelques heures de voyage dans un univers unique.