En effet, Rubicub est un album qu’on pourrait qualifier de décalé. Le premier extrait, « Wanted », annonce bien la couleur : à l’image de ce titre (où Samb, que l’on a confondu avec un individu dont la tête est mise à prix, est soudainement poursuivi par la police, des babas cools, un père de famille africain et « une sorcière avec une flûte »), les story-tellings tiennent une place importante dans l’album puisqu’ils constituent six des douze morceaux. De qualité inégale, si « Les Biftons », « Cauchemar », « Aïe, aïe, aïe » sont plutôt réussis, « Wanted », « Supersamb » et « La feuille d’impôt »(feat Demon One) le sont moins, surtout en raison de leurs prods faiblardes, que sur le dernier titre cité, la bonne prestation de Demon one ne parvient pas à faire oublier. Outre le fait qu’elles soient trop nombreuses, on reprochera à ces histoires improbables d’être souvent très confuses.
Quand Samb met un frein à son imagination débordante, cela donne lieu aux cinq autres morceaux de l’album, hors intro. Le très bon « Rubicub », soutenu par une instru terrible samplant un accordeon, fait office de présentation de l’album, et se classe en même temps parmi les meilleurs titres. Il en va de même pour « Lumière », avec l’excellent Médine, délivrant un message positif sur l’instruction, le tout sur une prod de Samb lui-même. Suivent les hilarants « Nostalgie »(dans lequel Samb évoque sa jeunesse avec un ensemble de voix sorties tout droit de dessins animés pour l’éveil des enfants de maternelle) et « Houdou », sorte d’interlude dans laquelle, sous fond d’instrument traditionnel sénégalais, Samb raconte une série d’anecdotes passées et présentes allant du visionnage d’un film avec ses parents au coup de fil de la copine sur le téléphone fixe.
On passera par contre assez rapidement sur le ridicule « C’est pour nous », sa voix féminine énervante et entêtante, et ses lyrics plutôt faibles.
En définitive, on retiendra, au crédit de Samb qu’il se révèle être souvent assez drôle (et c’est peut-être l’objectif principal de cet album), ne semble pas avoir d’égal pour ce qui est d’imaginer des situations farfelues. A sa charge, son flow est ultra-répétitif, la moyenne générale des instrus est nettement en dessous de ce à quoi nous ont habitués les autres membres du collectif La Boussole, et le concept risque de devenir lassant assez rapidement.