Beaucoup se plaisent à dire que l’essence de la soul music s’est perdue au cours de son ascension, pourtant la musique de l’âme renaît de ses cendres grace à cet opus. Plus qu’une renaissance, c’est une véritable apparition…
Cet été la scène soul internationale aura été marquée par la sortie d’un album pour le moins inattendu. Vous me direz en matière de musique l’innatendu est rarement gage de qualité !
Toujours est-il qu’avec son premier opus « A change is gonna comme » (dont le titre n’est pas sans rappeller le morceau de Sam Cooke de 1964) la belle Leela James offre au public un retour aux sources avec un album résolument retro, sompteux mélange entre Jazz, soul et blues.
Si pour beaucoup ce n’est qu’une voix féminine de plus Leela James n’en est pas à son coup d’essai.Souvenez vous du titre « No tears » sur l’album Soul survivor 2 de Pete Rock et bien la voix féminine c’était elle ! L’album démarre donc sur les chapeaux de roues avec le titre « Music »sur lequel la belle dénonce le manque de créativité de la scène musicale actuelle, prétentieux ? Je dirais plutôt pas étonnant pour une artiste dont l’album prêt depuis déjà deux ans avait été oublié dans les rachats de maisons de disques ! Sur le très funky « Rain » la belle propose un guide de survie pour les jeunes filles au cœur brisé !cliché ? inutile de sourire en matière de soul music les complaintes amoureuses ne sont jamais très loin !, "MisTreating Me » et "Didn’t I" sont mélancoliques à souhait et la voix de Leela James est déroutante d’émotion. Les morceaux « My Joy » ou « When you love somebody » confirment que la culture musicale de Ms James relève plus d’artistes du passé tels que Gladys Knight, Mahalia Jackson, Aretha Franklin, ou encore Chaka Kahn plutôt que « icones » soporiphiques actuelles.
Si l’album nous plonge la plupart du temps dans l’ambiance enfumée d’un club de Jazz des années 70, une touche plus actuelle est donnée au projet grace aux collaborations avec des artistes tels que Raphael Saadiq , des prod de mister Kanye West et des morceaux comme « Good time » en featuring avec Wyclef Jean ou encore le titre « Dont Speak » une reprise pour le moins douteuse du fameux tube du groupe No Doubt !
Si l’album n’a rien d’exceptionnel, « A change is gonna come » a sans aucun doute sa place entre Erikah Badu et Jill Scott, une voix pleine d’émotion, des lyrics qui sentent le vécu.Si physiquement Leela James n’a pas l’habituel look « Big mama » soul, vocalement elle à tout d’une grande !