L’hétéronymie est-elle un gage de qualité ou un syndrome d’égotisme artistique ?…

Scott Heren aka Prefuse 73, Delarosa + Arosa ou encore Savath et Svalah sont autant de personnalités différentes qui tentent de canaliser une schizophrénie musicale que d’une étourdissante faconde ?…

La carrière de Scott débute en 2000 par son projet « Electronica-Post-Rock », Savath & Savalah et ce n’est qu’un an plus tard qu’il balancera ses esquilles Hip-Hop électroniques avec Prefuse 73.

Ce troisième album intitulé « Surrounded By Silence » peut être considéré comme son œuvre la plus accessible en ce sens que les compositions sont assez facilement déchiffrables par le quidam attiré par les machines électroniques qui fleurissent de plus en plus souvent les échoppes Hip_Hop.

Certes Anti-Pop Consortium ou encore les Neptunes ont bien défriché le terrain mais ce n’est pas une raison pour ne pas reconnaître en Scott Herren, l’art incomparable de « Scratcheur Electronique » de haute-volée.

La différence avec les autres qui s’essayent à faire sonner leur sampler « Hip-Hop » est qu’il rend son collage sonore aussi vif et sensuel qu’un bon vrai scratch d’un vinyl usé jusqu’à la corne.

En écoutant attentivement le disque avec un bon casque ou un bon équipement Hi-Fi, on pourra naturellement apprécier tout le travail de production, où les sons de la rue y sont subliminaux, rendant les compositions à forte concentration électronique à la fois urbains et humains.

Cet aspect est d’autant plus vrai que Scott Herren a convié à sa partie des vocalistes aussi variés que GZA, Tyonda Braxton, Aesop Rock ou encore Beans.

On retiendra de cette tentative de grande envergure, le néo R’n’ B (featuring Camu) « We Go Our Own Way » avec sa mélodie soul désincarnée, ou encore le concassage électronique « synthé/cordes/instruments à vents » sur « Gratis ».

La palme revenant à la collaboration avec GZA « Just The Thought », où Scott Herren nous gratine une rythmique de batterie faisant honneur à un Questlove au meilleur de sa forme, sous le doux courroux d’un synthé digne d’une chute de studio de la B.O. de « Ghostdog ».

En somme un album facile (quoique !…) qui enrichit la discographie d’un artiste assez unique en son genre.