On n’aime ou on n’aime pas le mc qui pourrait en saoûler plus d’un sur la longueur d’un album, celui ci est très court, mais on ne peut pas nier la musicalité de son flow dont les phases off beat étoffent les instrumentaux smooth de Daddy Kev renouant avec le broken beat des vieux classiques Project Blowed (les premiers FF, Aceyalone.. sur "Nagging Nimbus" qui fait penser aux lives jazz de "Haïku d’Etat"). La contrebasse mouvementée de "Beauty Supply And Demand" rappelant les exercices de style de Gift Of Gab atteste encore de sa versatilité ne se limitant pas au cliché haut débit, en s’accordant comme D-Styles à la mélodie entêtante de "Kev’s Blistering Computer.." scratchée en rythme par le Beat Junkie, qui sans innover sur ce track prouve encore pouvoir se détacher du registre murder music (également en rejouant les notes de basse suivant la tonalité du piano jazzy de "Stride Pianist Penis Envy" ou sur l’instrumental final qui rappelle les envolées ambiantes bien que ça reste très creux musicalement). Même si certaines prods lounge/classieuses peuvent s’avérer pénibles, l’identité jazz de Daddy Kev déjà développée sur "Slanguage" colle bien à l’ univers be bop du mc se servant de sa voix comme Miles Davis, John Hendricks ou D-Styles le font via leurs instruments respectifs, la technique de ce dernier y étant toujours plus efficiente quand elle est aussi subtile que sur les leads de cuivre de "Cosmic Cleavage" et de "The Hulk Dehorning The Illusionist" (le sommet de l’album laissant le champ libre aux punchlines en syncopes du Bus).