La présence du binôme électro new yorkais Heat sensor (et accessoirement la collaboration d’ M Sayyid sur le 12" Colapsus companion) laissait entrevoir une couleur de son inédite plus emprunte d’électronique qu’ avant, ceci ayant été confirmé par un "Rae dawn" aux relents de Prefuse 73 (le metal face n’ était déjà pas hostile à Scott heren sur "Vocal studies/uprock narrative") dans le son et dans une moindre mesure les breaks syncopés. La leçon de mc-ing ("Never dead") co-dispensée par M Sayyid (mention spéciale au deuxième couplet du tiers de feu Anti pop consortium), qui répond à l’ instru dépouillée et parasitée de "Modern day mugging", en est finalement la plus excellente illustration sur une boucle lancinante évoluant entre bleeps et distorsions pour un résultat monstrueux.

Dans une veine minimale tout autre, le Kmd s’ en va expérimenter les terres plus sèches et lo-fi de "Pop snot" dont les échos hypnotiques soutenus par des rythmiques syncopées et primaires sont pris à contrepied par d’ inattendues boucles jazz du meilleur effet, on tient là un autre sommet de l’ album. Les boucles 70’s plus ou moins délaissées quant à elles subsistent toutefois partiellement, sur "Saliva" par Rjd2 ("Operation doomsday" est le disque de chevet du dj def jukie), comme les ambiances épiques qui ont forgé l’ univers doomien: les gimmicks orientalisants du très bon "Dead mouse" portés par un beat évolutif bien entraînant ou le son inquiétant de "The drop" précédant la plongée de "Lactose and lecithin" dans un univers industriel. Les plus classiques "Let me watch" et le flirt d’ Apani b fly (Polyrythm addict) avec un sublime piano ou un "Vaudeville villain" plus rock attestent encore de la versatilité de l’ album.

Le génie d’ Mf doom n’ a plus à faire ses preuves, mais qui pourrait rythmer de ses variations une instru comme celle de "G.M.C.".. "Change the beat" (titre éponyme du maxi annonciateur) est une autre démonstration de sa panoplie de flow, sautant d’ une boucle à l’ autre avec une élasticité confondante (dommage que la dernière ne fut rappée..). En s’ouvrant à de nouvelles pistes de son, les interludes d’open mic (et une deuxième session bien fraîche de Lord sear, compagnon de mix de Bobbito Garcia) venant aérer les moins évidentes, cet opus est sans doute le plus varié qu’ il a pu pondre à tous les niveaux. Les habituels extraits de film contribuent ceci étant à lui donner une certaine cohérence en retraçant les pérégrinations du mystique et fantastique Viktor vaughn.