«The Listening » est construit sous la forme d?un show radio rappelant celui de Samuel L. Jackson dans « Do the right thing ». Les ambiances jazz/soul des interludes («Make me hot», «Home»), les jingles et les dédicaces ne peuvent que nous faire penser à Love Daddy de We love Radio. Les morceaux s?enchaînent donc dans une parfaite harmonie où 9th Wonder dévoile tout son savoir-faire. Les beats swings, les découpages des samples sont propres et ce crate-digger confirmé ne nous sert aucune boucle grillée. Hormis sur «Speed» où la voix rappellera des souvenirs aux amateurs de rap français. La grande fluidité de l?album permet difficilement de dégager certains morceaux plutôt que d?autres, ce qui montre la cohérence de l?ensemble. Toutefois, les temps forts de «The Listening» semblent être «Whatever you say» qui ne sera qu?un rappel pour les acheteurs de 12??, les voix soul et les flow de Big Pooh et Phonte se complétant magnifiquement. Les productions sont d’ailleurs souvent basées sur des voix soul qui grâce à une utilisation intelligente n?ennuie pas l?auditeur (?For you?, «Love joint revisited»). L?autre temps fort est «Shorty on the lookout» où 9th Wonder nous gratifie d?un beat digne de Jay Dee et les Mc?s d?un refrain mi-chanté accompagné encore une fois d?une voix soul qui crée l?alchimie. Pour clôturer l?album, 9th Wonder rend un hommage au Soul Brother #1 en utilisant de façon discrète les cuivres de «T.R.O.Y.» sur le morceau «The Listening».

Les deux Mc?s rappent simplement, sans effet de manche, ce qui concorde totalement avec leurs lyrics racontant les tribulations de leur vie quotidienne. Ils évoquent la gestion du temps au quotidien dans «Speed», la vie de famille dans «Away from me». Ils font aussi de nombreuses références à leurs héros de jeunesse dont Chuck D et Digable Planet, 9th Wonder reprenant même pendant un instant le beat de «Children?s Story» pendant que Big Pooh et Phonte imitent le flow légendaire de Slick Rick («So fabolous»). Leur thème de prédilection reste tout de même les femmes qui parfois critiquées («Whatever you say» ou «Groupie part.2»)et d?autre fois magnifiées («Nobody but you», «For you»). Malheureusement un morceau comme «Nobody but you» flirte avec un R’n?B trop conventionnel. Mais au c?ur de l?album il ressort plus comme une escapade ressemblant à ce qu?ont pu faire Gangstarr avec Total ou Pete Rock avec Caron Wheeler.

Album frais, léger?utilisez tous les qualificatifs que vous voudrez mais l?écoute de ce disque sous les premiers rayons de soleil de cet fin d?hiver entraîne un excès de bonne humeur. Et même si « The listening » » n?atteint pas les sommets que l?on aurait pu imaginer