Pour la première grosse sortie de Star Trak, le label intergalactique des Neptunes, il fallait frapper fort, Montrer que la dispersion, l?omniprésence de Chad et Pharell sur la scène musicale n?avaient pas porté préjudice à leur talent. Un talent transcendé quand il s?agit de travailler pour des protégés. On le savait pour Kelis, mais quand il s?agit de bosser pour les potes, Neptunes ne raclent pas le fond de tiroir, mais font plutôt suer leurs samplers et leurs synthés lo-fi, réinventant le groove malsain.

Du coté des rappeurs, (c?est quand même leur album)on avait déjà pu entendre ces deux frangins sur le dernier album de Kelis ainsi que sur le projet de The Nerd. En effet Pusha T et Malice, se sont rodés sur les différents projets de leurs patrons afin d?adapté un style qui, sans être très original (le quartier, la drogue, les femmes), prend une toute autre dimension, quand ces textes sont posés sur un son Neptunien

Car avouons le, la vrai réussite de l?album réside avant tout dans la qualité de la production. Bien que l?on retrouve toutes les facettes musicales de William et Hugo (la sempiternelle caisse claire, les gimmicks sonores habituels mais toujours aussi efficaces), ces deux là repoussent sans cesse leurs limites, capable de pondre un « Young Boy » funky à souhait (dans la même veine que le « Work it Out » de Beyonce) ou de produire le gouffrique, minimaliste et sombre « Grindin ». C?est le summum de l?album, un morceau qui transpire l?ambiance fond de ruelle mal éclairée, un morceau au refrain d?une simplicité diabolique, presque hypnotique. On sera moins enthousiasme au niveau des deux remixes un peu bouche trous. Si la version avec NORE, Baby et Lil Wayne tient encore la route, le selector mix, lui est plus casse pied qu?autre chose.

Dans les autres bons moments, et ils sont nombreux, on peut signaler le presque 2 step/jungle « Famlay Freestyle » ou le groovy et ensoleillé « Ma, I don?t Love Her » avec en invité Faith Evans, loin de ses mielleuses collaborations avec P*Diddy. Si vous aviez adoré le « Candy » de la miss Foxy Brown sur son dernier album, « When the last time » et son angoissant bruit de frein, est pour vous. Enfin l?apaisant « I?m not in You » clôt de façon vaporeuse un album où se combinent moments de tension, et instants plus festifs.

On passera cependant sur le « Let?s Talk About It » gâché par l?insupportable Jermaine Dupri, dont on se demande ce qu?il fait là?Enfin on peut regretter l?absence du « Guns & Roses » disponible sur la BO du film Training Day, et qui n?aurait pas démérité sur cet album.

Lord Willin est un premier album réussi car abouti. Une réelle bonne surprise, que l?on doit avant tout à un Pharell William et Chad Hugo véritablement transcendés, qui montrent, s?il était encore nécessaire, le talent voire le génie de ces deux gars. Et c?est peut être là que le bât blesse, Neptunes vampirisent tellement les artistes qu?ils produisent (à quelques notables exceptions) qu?on a plus l?impression d?écouter un album des Neptunes que celui de The Clipse. On les plaint déjà de vivre dans l?ombre de leurs célèbres patrons.