Car s?il l?on a tendance à mettre en parallèle les productions de Medhi avec celles de la French Touch, les racines musicales du deuxième homme d?Idéal J, se retrouvent plutôt dans la diversité de la musique anglo-saxonne, qu?elle soit funk, pop ou psychédélique, elle reste pour une majorité de producteurs musicaux, qu?importe le style, l?ultime référence musicale. Comme un hommage, DJ Medhi a choisi 14 Kings, rois du son et de la production, qu?il a regroupé en 2 mixtapes.

La première rassemble ce qu?il y a de meilleur dans le hip hop américain : de l?art du papier coller funky de DJ Premier aux résurgences soul des Soulquarians, des basses et rythmes 100 % west coast d?un Dr Dre aux terroristes du son qu?étais The Bomb Squad, sans oublier les classiques Large Professor, Pete Rock ou autres Erick Sermon, ces artistes ont mis au rang d?art la production hip hop. De ces producteurs mille fois copiés, le « grand public » ne retient pourtant que les rappeurs qui y ont posé, souvent d?ailleurs avec brio. Normal alors que « l?affront » soit lavé et que les sorciers du son soient pur une fois mis en en avant. Autre point fort de ce projet on n?a pas droit aux morceaux ultra connu de chacun, même si on a retrouve le classique « Let Me Ride » de Dre ou l?anthologique « The Edge Of Panic » de Public Enemy, on a plutôt affaire au coup de c?ur de Medhi, de ces morceaux auquel on était un passé à coté ou que tout simplement on ne connaissait pas comme le « All For The Cash » de Gangstarr ou le « Epizodes » de The Roots

L?ensemble est joliment mixé par Medhi himself, et on à même droit à la présence discrète (c?est une qualité) de Manu Key, qui montre qu?il est possible de présenter des morceaux rap sans abuser d?artifices (hurlement à tous va et chambre d?écho lourdingue), facile aussi quand on a affaire qu?à des perles.

Le second tome semble lui plus étrange, presque anachronique quand on parle de mixtape, ici pas de rap, mais ce qui en a fait et en fait encore et toujours sa principale essence : la soul de Stevie Wonder et de Curtis Mayfield, la rage de Jimi Hendrix, la folie Funk des hallucinées Bootsie Collins et Georges Clinton ou à celle plus classique de Rufus et Chaka Khan, la culture pop des Beatles. Un voyage dans le temps et dans le monde musical qui devient vite un moment magique. Car comme dans la première tape, DJ Medhi laisse la place à des morceaux peu connus du grand public, excepté peut être le sublime « Right On For The Darkness » » de Curtis Mayfield